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  • : L'épopée du valeureux Hérisson Boiteux
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  • : La bataille faisait rage. L'ennemi, fourbe et vicieux, frappait sans relâche usant toutes les ruses qu'il connaissait mais le vaillant hérisson n'avait pas encore rendu son dernier souffle.
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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 22:42

 

De grade "Kaporal"(1)

D'âme Samurai

 

 

Pour les connaisseurs et connaisseuses de western spaghetti, je fais référence au film "Mon nom est Personne" et à quelques traits particuliers analogues à ce qui va suivre (à vous de les trouver). C'est d'ailleurs une heureuse coïncidence que ce long métrage fut diffusé ce soir même me donnant l'inspiration nécessaire à ma plume.

 

Il y a de cela quelques mois (dans Paroles, paroles, paroles), je vous promettais de présenter mes disciplines : l'Iaido et l'Aïkido.

 

Je prouve encore tenir mes promesses et d'autant plus car j'ai reçu l'immense mais inattendu privilège d'intégrer officiellement le clan des samurai modernes samedi dernier (soit hier).

Inattendu ?! En effet, je suis simplement allée trouver le sensei (def : maître) pour savoir quelle était son opinion sur mon évolution d'apprentie depuis déjà trois ans. Quoi de mieux qu'un passage de grade afin de mesurer ses performances ?

Me voilà sans plus tarder et sans préparation aucune, prise au dépourvu, embarquée dans ce combat face au seul véritable adversaire de la vie : soi-même.

 

 

Qu'est-ce que l'Iaido et l'Aïkido ?

 

Ce sont deux art martiaux très différents et très proches à la fois.

Le premier est l'art de dégainer le sabre d'un seul geste juste se décomposant en kata, art développé vers le 17ème siècle à l'époque Edo lorsque les samurai n'avaient plus de raisons d'être guerriers pour les différents Shogun (def : seigneur) puisqu'à cette époque, le Japon devenait complètement unifié sous la dynastie des Tokugawa, libéré des guerres de clans.

Ils abandonnèrent ainsi leurs armures et étudièrent la manière parfaite et efficace qu'il soit de porter, dégainer, couper avec leurs lames. C'est aussi l'époque où abondèrent les rônin, samurai vagabonds qui ternissairent l'image du samurai fidèle à son maître et à sa cause.

Il existe plusieurs écoles, la mienne étant Muso Shinden Ryu. Et comme une image (une vidéo en l'occurrence) vaut mille mots :

 

 


 

 

Concernant le deuxième, cette discipline est la création de Morihei Ueshiba (O Sensei), grand homme de l'art du combat qui inventa l'Aïkido comme une alternative aux autres disciplines martiales dont l'objectif initial est la mort - rapide si possible - de l'adversaire.

L'Aïkido signifie la voie (Dô) de l'harmonie (Aï) des énergies (Ki) et est principalement un art de défense et de vie ; jamais un Aïkidoka n'engage le combat ni ne se bat pour tuer. En revanche, il se doit de dévier les forces en action contre lui pour éviter une atteinte à son intégrité mais sans s'y opposer. Car s'il y a opposition, il y a confrontation ; s'il y a confrontation, il n'y a plus d'harmonie.

L'Aïkido est également un art qui s'inspire et s'instruit largement du travail aux armes en particulier le katana et autres lames portées par les samurai.

 

 


 

 

Si j'attache autant d'importance à devenir samurai, c'est en grande partie pour la voie qui me semble être la plus juste et la plus saine à suivre, malgré toutes les difficultés qu'elle présente.

Ainsi, je porte le hakama pour ne pas oublier et déshonorer celle-ci puisqu'il la symbolise de par ses plis. 


Les traductions des Kanji de la symbolique des plis varient, certaines intègrent le courage, la justesse, la modestie ou l'humilité. Je pense que seul un japonais saura différencier le vrai du faux sans toutefois pouvoir  l'exprimer : il ne me semble pas d'une grande importance de s'y attarder car toutes sont inhérentes au code.

Les valeurs ne peuvent être traduites par des mots, elles le sont par les actes.

Je vous donne la plus répandue en Aïkido :


  •  Jin : bienveillance, générosité

"Il faut veiller à ne pas causer de troubles ni pour soi, ni pour autrui."

Dans la pratique, il s'agit de ne pas perturber la technique.

Force est de constater que, dans la vie, malgré l'enseignement d'Aïkido qui doit m'instruire autant sur le tatami qu'en dehors, cette vertu est mise à l'épreuve par les dernières batailles engagées et que je suis encore loin du succès auprès de certaines personnes.

Néanmoins, je me pose sincèrement la question : en sont-elles réellement dignes ? Dans le cas contraire, et même si ces personnes ne se privent pas pour me troubler, est-ce une raison pour en faire autant ?


  • Gi : honneur, justice

"Il implique être fidèle à sa parole, à ses engagements et à son idéal."

Certainement l'un des principes fondamentaux qui régit ma vie et mes actes, d'où une certaine comparaison récurrente avec Don Quichotte de la Manche, qui malgré son adoubement hasardeux et sa crédulité légendaire, est bel et bien un chevalier dans l'âme. Une vertu que j'applique sans faille ; peut-être trop d'ailleurs quand il s'agit de l'idéal.


  • Rei : politesse, courtoisie, étiquette

"Expression sincère de l'intérêt porté à autrui, quelle que soit sa position sociale, au travers de gestes et d'attitudes pleines de respect."

Deuxième ligne de vie à laquelle je suis très attentive.

J'espère être un tant soit peu méritante de ce titre mais rien n'est moins sûr puisqu'il est perçu d'abord par autrui. Je peux, en pensant être courtoise, absolument ne pas l'être aux yeux des autres par ignorance ou inadvertance. 

 

  • Chi : sagesse, intelligence

"Aptitude à n'accorder aux choses et aux événements que l'importance qu'ils ont réellement, sans passion qui trouble le jugement." >.> Oui, bon...

Il y a bien ce sujet (mais si vous savez très bien de quoi je veux parler !!!) qui me ronge l'esprit, peut-être même l'âme. Mais suis-je vraiment dans le faux ou alors lui accorderais-je l'importance qu'il mérite ? Car il est difficile de connaître la frontière entre le degré d'importance pour soi et celui des autres...

Peut-être faut-il alors aborder tout événement comme s'il ne nous affectait en aucune façon ?!

Hélas, je suis une fois de plus en défaut sur ce pli que j'associerais avec l'humilité ou la modestie.

En aparté : j'aime à dire, souvent avec sarcasme, que "la modestie n'empêche pas la perfection", cela se vérifie dans ces vertus car il faut à la fois rechercher la perfection et s'en montrer digne.

 

  • Shin : sincérité, confiance

"Sans elle la pratique n’est qu’une simulation, voire une gesticulation inutile. Si on n’est pas sincère dans son travail, son respect aux autres, ses attaques, on se ment et on ne permet pas aux autres de progresser. L’engagement doit être total, permanent, sans équivoque, car nous savons tous que l’illusion ne peut perdurer longtemps devant les exigences et le réalisme de la voie, et le regard des autres."

Une voie que j'essaie de suivre avec d'autant plus de sincérité (^^) mais elle est à double tranchant. La confiance n'est possible que dans le respect, or, certains individus ne considèrent pas le respect comme une doctrine. Il n'est donc pas possible de faire confiance à tout le monde ce qui introduit une qualité indispensable au samurai : la vigilance. Et en matière de vigilance vis-à-vis des individus, j'ai apparemment quelques lacunes.   

Heureusement, la sincérité s'effectue dans l'acte ou les paroles mais n'oblige ni à agir, ni à parler.

Je crois être une personne de confiance (du moins, m'a-t-on souvent décrite comme telle) et aussi sincère que possible.


  • Chu : loyauté, respect

"Voilà bien une valeur en voie de disparition dans notre société contemporaine, alors que l’argent ou les attraits du pouvoir permettent d’acheter les consciences et donc les loyautés. Cette valeur est pourtant la clé de voûte de nos arts martiaux : loyauté envers son professeur, envers les règles internes de son école, envers ses aînés, envers son dojo, envers ses armes et ses habits, envers le kamiza, et bien sûr envers le fondateur. C’est là le reflet de la rectitude du corps et de l’esprit du pratiquant."

Nous y venons à cette notion de respect perdu...

Sans respect, pas de loyauté ni de sincérité ; sans sincérité, pas de confiance ni de courtoisie ; sans confiance ni courtoisie, pas de bienveillance ni de générosité. Sans tous ces idéaux, pas d'honneur ni de justice.


  • Ko : piété

 "Il faut comprendre piété dans le sens de respect profond et authentique des bases techniques, des codes, de son art martial, des aspects spirituel, historique et philosophique qui sous-tendent l’Aïkido."

Piété est un concept basé sur le fait d'être discipliné et donc de suivre les six autres vertus ainsi que l'enseignement malgré les difficultés et les échecs. Pour moi, cette vertu induit implicitement la notion de persévérance et de courage.


 

 

 

Voici mon code, mon idéal.


Concepts que je tente de respecter et de transmettre à chaque instant et qui sont désormais pleinement plébiscités par mes ainés.

Cependant, mes pères d'Iaido étaient désolés de ne pouvoir me donner le 1er Dan (ce qui correspond grossièrement à la ceinture noire) et de ne m'accorder seulement que le 1er Kyu (ce qui correspond grossièrement à la ceinture marron). Or, et inconsciemment dans l'optique du Chi, je n'étais pas déçue ni de mon travail bien qu'il ne fut pas parfait, et loin de là, ni du grade obtenu car ils étaient justes. 

 

J'ai réussi, malgré mon point faible qu'est l'épaule gauche et tout ce qu'elle implique en terme de douleur, de frustration, de batailles et d'engagements plus ou moins justes, à tenir mes promesses envers mon art de combattre et mon art de vivre. Jamais je n'ai renoncé, jamais je n'ai relâché, jamais je n'ai abandonné.

Je crois que bien avant d'avoir mon âme, ma lame entre mes doigts, bien avant d'en connaître l'existence et le code, j'étais alors déjà samurai.

 

Je suis ainsi honorée d'être aujourd'hui reconnue et intégrée parmi mes semblables.


 

 

De grade "Kaporal"(1) : Un ami me surnomme Kaporal Kypic pour cette très logique raison matérielle : je porte en permanence et depuis des années une ceinture originale de la marque.

 

 

By Kypic

 

 

 

Je n'ai su choisir car elles reflètent elles deux parfaitement le samurai ; les phrases de la fin, la première par Miguel de Cervantès et la deuxième tirée du film Le Dernier Samurai :

"Mon honneur m'est plus cher que ma vie."

"La fleur parfaite est une chose rare. On pourrait passer sa vie à en chercher une, et ce ne serait pas une vie gâchée."

 


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commentaires

femme russe Strasbourg 19/11/2012 07:39

Bel article... très bel article :D

Kypic 20/11/2012 23:24



Dômo Arigatô !


Honorée que l'article vous plaise. ;)