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  • : L'épopée du valeureux Hérisson Boiteux
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  • : La bataille faisait rage. L'ennemi, fourbe et vicieux, frappait sans relâche usant toutes les ruses qu'il connaissait mais le vaillant hérisson n'avait pas encore rendu son dernier souffle.
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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 20:20

Le film Intouchable, très beau et très juste long métrage, illustre un problème intéressant : celui du handicap perçu par les gens dits valides.

 

Cependant, ai-je l'impression que l'objectif ait été mal compris et que le handicap demeure encore obscur pour bien des personnes. En effet, le handicap reste dans l'esprit des gens comme un désavantage qui se voit : fauteuil roulant, membre amputé, déficience mentale...

L'été 2012, je rencontrais deux jeunes femmes. Le fil de la discussion dériva sur le handicap et plus précisément les miens. Les deux demoiselles m'affirmèrent avec la plus totale indifférence que je devais me réjouir pour mes infirmités (absence de deux sens, malformation, mobilité réduite du bras gauche et douleurs permanentes) car elles étaient invisibles - le billet Il y a pire ailleurs ! était fortement inspiré de ce fait.

Aussi avais-je rencontré, il y a désormais quelques temps, quelqu'un qui était sourd/malentendant et pourtant, la surdité n'était pas inscrite sur le corps de la personne et je ne l'ai deviné que lorsqu'il s'est mis à communiquer en langue des signes. Ai-je également croisé cet été le chemin de personnes invalides dont l'origine et le caractère de la dite étaient indécelables...

Devraient-elles toutes s'estimer heureuses de la discrétion de leur invalidité ?

Je doute fort que mes deux réprobatrices n'eurent l'audace - le culot ? - de le leur indiquer leur chance suprême d'être des "handicapés furtifs".

 

 

Les affections corporelles ou mentales qui, malgré leur discrétion pour certaines, n'en restent pas moins handicapantes. Certes, et dans le cas des deux personnes avec qui j'ai conversé, leur pudeur est plus agréable aux yeux de la société mais ce n'est pas parce que cette dernière les ignore volontairement qu'elles n'existent pas.

Il n'est pas question de tomber dans le larmoyant excessif ou la pitié déplacée, ce qui semblait être l'une des doléances des deux comparses à mon sujet, simplement de respecter les personnes et de ne pas dénigrer leurs situations. Il est possible à la fois de prendre en compte les déficiences et de traiter la personne comme toutes les autres ; et souvent, ce sont celles qui n'ont pas de handicap qui sont incapables de dissocier les individus de leur incapacités.

 

Par ailleurs, je ne me plains pas de mes handicaps - ni ne m'en réjouis - car je n'ai pas d'autres choix que de vivre avec ;  je me plains en revanche d'être toujours rabaissée par rapport aux handicaps des autres.

A l'inverse, il ne faut pas non plus tomber dans la comparaison inutile qui induit un degré de "gravité" ; une connaissance, elle-même atteinte d'une maladie incurable handicapante, me faisait passer de victime à martyr en estimant ma situation plus sévère que la sienne sous prétexte que je n'avais rien demandé par rapport à l'accident... Personne ne souhaite être "porteur de handicap" (quelle belle expression !!! Le porte-t-on comme un bagage ou comme un fardeau ? >.>) quel qu'il soit et d'où qu'il vienne : d'un accident, d'une inattention, d'une malformation, d'une addiction, d'une dégénérescence ou d'une maladie.

 

 

Et cet été, il y aura eu cet étrange énergumène, un joyeux larron qui aurait bien eu toutes les raisons de se plaindre : "'y a pas d'raison" disait-il sans relâche... Il est atteint de trisomie 21, ce qui - à mes yeux - ne le desservait en aucune manière, mais atteint surtout d'un cancer, maladie en phase aigüe pendant ses vacances qui plus est. Il est pourtant plus lucide, plus humain que la plupart des gens que je vois, côtoie et rencontre au hasard de la vie.

A croire que les vrais handicapés ne sont pas ceux que la société désigne comme tels.

 

 

Je dédie cet article à cette personne, puissé-je un jour de nouveau croiser ton petit bonhomme de chemin, "mon grand". ;)

 

By Kypic.

 

 

La phrase anonyme de la fin :

"La sagesse fait partie des nombreux handicaps avec lesquels on doit vivre."

 

 

 

 

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