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  • : L'épopée du valeureux Hérisson Boiteux
  • L'épopée du valeureux Hérisson Boiteux
  • : La bataille faisait rage. L'ennemi, fourbe et vicieux, frappait sans relâche usant toutes les ruses qu'il connaissait mais le vaillant hérisson n'avait pas encore rendu son dernier souffle.
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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 15:39

Quelle joie serait-ce de me savoir soutenue par mes comparses de profession.

 

Hélas, il n'en est rien ; pire encore, ils préfèrent la sûreté des deniers que leur procure leur besogne quitte à courber l'échine en espérant que rien ne leur arrive plutôt que de se soulever devant l'inconséquence de leurs capitaines qui n'auront aucun scrupule lorsque le temps sera venu de rejeter toute responsabilité sur les sous-fifres...

 

Car c'est bien l'allure d'un dilemme cornélien qui s'est dessinée sur mon parcours d'embauches déjà parsemé d'embuches.

Travaillant dans le milieu dit "social" auprès d'un jeune public, je suis utilisée selon les légendes urbaines pour faire, au choix, le pitre ou le flic avec les enfants. J'aime à sortir des sentiers battus en la matière et préfère effectuer mon labeur comme Montaigne : "je n'enseigne pas, je raconte.".

 

Bref, restons dans l'actualité.

Vous n'êtes pas sans savoir que les nouveaux rythmes scolaires ont débuté puisqu'ils ont fait grand bruit durant l'été. Le problème réside en ce fait : tout ce tapage bassement fondé sur l'organisation des familles et le rythme de l'enfant est passé à côté du vrai scandale.

 

*roulement de tambour*

 

L'organisation des écoles.

 

Je ne m'avancerais pas à dire que toute la Gaule est concernée, cependant, les portes de la Bretagne sont ma cour de récréation et j'en parle donc avec l'expérience que je m'en suis faite : c'est le dawa ! Du grand n'importe quoi, n'importe comment, à la dernière minute, mode à l'arrache et advienne que pourra en priant très très fort que le ciel ne nous tombe pas sur la tête.

Pour commencer, je n'ai été sollicitée que quatre jours avant la rentrée (comptez dans ces quatre jours samedi et dimanche donc pas d'interlocuteur disponible) pour un remplacement sur les Temps d'Activités Périscolaires. Aurai-je pu refuser mais dans ma grande bonté d'âme et ma naïveté nouvellement et exponentiellement décroissante, j'ai accepté la quête pour gagner plus de points d'expérience et de pièces d'argent (pour vous (et moi), rôlistes) sans vraiment savoir dans quelle fausse joyeuse débandade je m'embarquais. Nous avons tous repris le lundi dès 9h15 afin d'être informés de nos affectations (quoi, quand, où, comment - dans cet ordre) et de nous organiser en fonction de...

 

Euh, non, il n'y a pas de salle donc il nous faut nous déplacer vers un autre centre. Ô joie, une marche à pied pour se mettre en jambe (vous pouvez ignorer cette plaisanterie douteuse)...

 

Cool, des nouveaux jeux de société, des ballons, des crayons, des... ah ?! Le matériel n'est pas pour nous ? 'Pas grave, j'utiliserai mes chaussettes pour faire des marionnettes (note à l'animateur : bien vérifier la non vétusté du matériel)...

 

Comment est-ce possible d'avoir deux groupes et que cela me fasse un total de 28 morveux à moi toute seule ?...

(nota bene, selon la réglementation de la DDJS, c'est un animateur pour 12 enfants de plus de 6 ans, pour les rythmes scolaires, des mairies ont obtenu une dérogation pour passer à un animateur pour 18 enfants)

 

Dites, si on rassemble les gosses à partir de 15h, avec un trajet aller de 20 minutes, pareillement pour le retour en sachant qu'on doit être revenu sur l'école avec tout le monde en entier à 16h30, vous savez que l'atelier passe de 1h30 d'activité à 15 minutes ?...

 

Atelier "jeux de société" sans jeux de société, check ; atelier "danse" -mais je déteste danser !- de 15 minutes sur du carrelage, check ; atelier "univers manga" avec trois manga qu'on ne peut emprunter dans la bibliothèque qu'on ne peut investir, check ; atelier "danse" -rien que parce que je déteste danser !- toujours de 15 minutes et toujours sur du carrelage, check ! On va s'éclater !!! :) ... Heureusement, il me reste mes chaussettes.

 

... et de nous organiser comme nous avons pu (la bonne blague).

 

Le mot d'ordre de cette fameuse journée fut : LA SE-CU-RI-TE ! Méga super ultra de la mort qui tue important. "On nous attendra forcément au tournant, il faut qu'on soit irréprochable sur ce point !" répétait notre responsable à qui voulait bien l'entendre.

 

Et c'est dans ces obscures conditions hasardeuses, pardon ?! Ce n'est pas le discours officiel, je reprends... Et c'est dans la joie et la bonne humeur que nous débutions cette rentrée 2013. \o/

Le lendemain fut largement moins amusant. La réalité du terrain venait rattraper la théorie déjà précaire sur le papier.

Un temps de préparation d'une heure quasi inexistant (le temps de manger puisque de 12h à 14h, nous sommes sur les temps de restauration, d'aller sur le lieu vérifier le peu de matériel présent et de chercher les enfants dans leur écoles... l'heure est vite passée), des informations bien trop tardives sur qui, combien, où et comment soit 35 minutes avant le lâché de gosses excités sur les animateurs déjà au bout du rouleau et des convois de 54 mioches avec seulement 3 animateurs pour les encadrer dans la rue... Jusque là rien de bien choquant, n'est-il pas ?

Encore moins quand l'un de ces chers bambins, peu désireux de venir à l'activité Danse s'est furtivement esquivé dans la cour de récréation laissant croire à ma responsable qu'il était absent (ce en quoi je le comprends tout à fait, voire, si je n'étais pas en charge de le rendre dans l'état où je l'ai trouvé, j'aurais applaudi son art de dissimulation). Moyennant quoi, je me suis retrouvée à la fin de cette histoire avec cet enfant en plus de mes 18 autres soit dans l'illégalité totale prenant le risque d'une responsabilité accrue si un accident survenait...

 

 

D'ailleurs, que dit mon contrat à ce sujet ?

Rien, il ne mentionne rien car il n'est point encore édité donc point signé... La mairie envoie ses contrats comme elle paye ses salariés : en "décalage" d'un mois. Notez les libertés que prennent certaines institutions...
 

Il faut également entendre que le plus triste dans cette affaire demeure ici : les premières victimes ne sont pas les animateurs, ce sont les enfants.

 

 

Forte de toutes ces considérations, je me suis faite fort de prendre position face à ces circonstances suspectes.

Soit je me tais, me fais toute petite, plie les pics en souhaitant que ma bonne étoile m'évite tout problème pendant cette cacophonie organisationnelle (pari un poil risqué) et le seigneur des terres qui m'emploie sera content de ma docile personnalité. En revanche, je cautionne la mise en danger des mouflets en poursuivant sans broncher en plus d'endosser une responsabilité en cas de pépin ; sachant pertinemment que le dit seigneur n'aura aucun remord à envoyer à la potence ses bouffons le cas échéant.

Soit je relève la tête, refuse de mettre en danger inutilement mes gamins ainsi que de prendre inconsidérément cette responsabilité et, avec assurance, décide d'interrompre les frais avant qu'ils ne prennent d'immenses proportions quitte à ce que mes supérieurs ne le voient pas d'un très bon œil, au risque de perdre une grande partie de ma rétribution, de me faire évincer ou, au pire, de me retrouver sans tâches et sans sous.

 

Tel Polyeucte qui devait choisir entre sa foi et son amour, je me devais de choisir entre mes convictions et mes obligations.

 

Ma décision fut difficile néanmoins je m'y tiens : je me range du côté de mes convictions la tête haute et les pics dressés mais non sans conséquences.

M'eut-on clairement annoncé que ma vie paisible de hérisson au sein de l'éducation ne serait plus aussi facile, considérant à tort mon acte comme une désertion et non comme une prise de position...Avais-je eu envie de m'esclaffer devant cette piètre intimidation. Supposait-on que je n'eusse nullement mesuré les retombées de ma décision ? Croyait-on que mon existence et mon cheminement fussent à l'origine aisés ? Etait-on persuadé que je revinsse sur mon avis face à la menace ? Pensait-on qu'on fusse nécessaire et indispensable pour mon alimentation et mon avenir professionnel ?

"Personne n'est irremplaçable" aiment à dire certains travailleurs et employeurs, petits ou grands. Cela va désormais et plus que jamais dans mon sens apparemment, mais qu'ils n'oublient pas que cela va aussi dans le leur...

 

 

 

Peu m'importe les courroux, je suis un hérisson samuraï : je n'ai qu'une parole, qu'un honneur et n'y reviens pas.

Je ne mets pas en danger des enfants pour aucune raison, encore moins pour percevoir plus d'argent et sauver la face des seigneurs volontairement ignorants, répréhensiblement aveugles et fatalement bornés.

 

 

*Si vous souhaitez que l'animateur reste, tapez "j'aime"

Si vous souhaitez qu'il parte, tapez-le*

 

 

 

By Kypic

 

 

La phrase de la fin par Jean-Paul Sartre :

"Choix et conscience sont une seule et même chose."

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