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  • : L'épopée du valeureux Hérisson Boiteux
  • L'épopée du valeureux Hérisson Boiteux
  • : La bataille faisait rage. L'ennemi, fourbe et vicieux, frappait sans relâche usant toutes les ruses qu'il connaissait mais le vaillant hérisson n'avait pas encore rendu son dernier souffle.
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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 22:59

Parfois, je m'interroge sur la notion du karma. Car à n'en point douter, le mien à comme un air de destin acharné comme si, dans mes hypothétiques vies antérieures, mon Moi passé avait fait des choses pas très jolies-jolies pour laisser au Moi présent une vie de rédemption permanente...


Il y a deux semaines, tel le samurai que je m'impose d'être, je mis les voiles dans une folle épopée sur les côtes bretonnes afin de parfaire mes techniques et mon entrainement en vue de mon prochain passage Shodan (célèbre ceinture noire pour les néophytes occidentaux qui - en réalité - ne correspond qu'aux prémices de l'apprentissage de l'art martial et non, n'en déplaise aux croyances des dits néophytes, à un accomplissement total de son art).

Le stage de préparation des passages Dan du samedi se déroulait à Guérande, ville connue pour son sel de qualité et ses remparts, le perfectionnement technique et la pédagogie du dimanche à Sucé s/ Erdre, ville connue pour... bref, ville connue (ou pas) au nord de Nantes. L'organisation me permettant d'assister aux deux, je décidais de le faire à la dure : les deux stages entiers avec une petite nuit presque "à la belle étoile".

Ce que je n'avais pas prévu, c'est le petit incident fâcheux qui arrive toujours à point nommé !

 

En effet, durant le stage de préparation au passage Dan et alors qu'il touchait à sa fin, l'un des deux sensei (def : professeur) me pris pour la troisième fois comme uke (def : celui qui reçoit - dans le cas des art martiaux, celui qui reçoit la technique, il existe une autre version de cette définition mais elle concerne des pratiques sexuelles... même si on entend souvent dire que l'Aïkido est amour, on ne parle pas de la même... ^^') ou appelé aussi aïte ( def - à vérifier - : celui qui prête sa main) afin de montrer une technique à l'ensemble des pratiquants. Me prêtant volontier à l'exercice, je fus ainsi projetée et invitée à "me recevoir" (et non à chuter, les Aïkidoka haut gradés n'aiment décidément pas ce terme). La première fois fut comme à l'accoutumée : sans heurts. Néanmoins, la deuxième fois se déroula largement moins bien...

 


Dans ce dojo, les tatamis étaient relativement mal disposés, laissant apparaître des jours entre deux tapis par endroits et n'étant pas à la même hauteur à d'autres. Et bien qu'un samurai se doit d'être vigilant, il est des instants où on ne peut pas faire grand chose. Ce fut le cas lorsque le petit orteil décida de rester en communion avec deux tatamis tandis que le reste du corps s'en alla vers d'autres horizons, ailleurs...

Un craquement distinct et Ô combien familier à mon oreille résonna dans la salle. Aïe... non pas de douleur mais de prise de conscience : de cette histoire se dégageait un mauvais présage.

Me relevant et poursuivant la démonstration en prêtant tout de même une certaine attention à ma patte antérieure droite, je me rendis compte que mon équilibre était devenu soudainement précaire. Et ce n'est que lorsque le sensei me proposa d'effectuer à mon tour la technique que j'ai su... J'avais mal !

Ma première tentative fut hasardeuse puisque je testais mes possibilités et mes nouvelles limites, les deux suivantes plus assurées et efficaces furent quant à elles toutefois assez douloureuses.

Lorsque le senseï me congédia afin de reprendre l'entrainement d'une manière plus collective, il m'était devenu impossible de poursuivre sans compromettre ma patte invalide et il a fallu me résoudre à quitter le tatami.

 

A ceux qui penseraient fort à un abandon, ne criez pas défaite trop hâtivement !

 

Résignée et frustrée, je n'ai pu participer à la mise en situation d'un passage Shodan pour évaluer mon niveau et la pertinence de présenter le premier Dan en février prochain.

Cependant, autant avais-je déserté le tatami malgré moi pour ne pas l'encombrer, autant étais-je restée dans l'enceinte du Dojo à apprendre non plus avec le corps mais avec les yeux et l'esprit me rappelant ainsi une certaine époque...

Aussi, à la toute fin du stage, je remontai tout de même sur le tapis pour saluer avec respect et honneur les senseï et mes partenaires de bataille.


Une fois les formalités faites, je me changeai rapidement bien que péniblement lorsque fut venu l'instant de chausser le pied du crime. Clopin-clopant, je retournais à la voiture doucement mais sûrement.

Connaissant très peu le coin, n'osant me perdre dans Guérande à la recherche d'un "lieu de guérison", je pris la direction de Nantes en faisant une escale à Saint-Nazaire.

Saint-Naz' pour les intimes. J'ai toujours été subjuguée par ce surnom inconsciemment mais magnifiquement évocateur...

N'écoutant que mon estomac et non mon petit orteil droit, j'évitai soigneusement la sortie "Hôpital" me dirigeant vers Trignac et sa zone commerciale pour chasser mon repas, cahin-caha, dans un supermarché. J'espérais profiter aussi de cet instant pour trouver une pharmacie afin de me soustraire à "vous allez à l'hôpital, vous ne passez pas par la case départ et vous ne touchez pas 20 000 F". Hélas, le sort s'acharnait et point de pharmacie dans les parages.

Sortie de la chasse, fructueuse pour mon estomac, largement moins pour mon orteil, je me retrouvai une fois de plus sur la route direction Nantes.

 

Après un total d'une heure à conduire, je trouvai le CHU et ses urgences dans le centre de Nantes sans trop de difficultés - bien que je pense avoir emprûnté quelques chemins qui fussent normalement et légalement non autorisés. La police Nantaise me pardonna par ailleurs ces écarts involontaires car il est vrai et à signaler : Nantes est un véritable casse-tête pour les automobilistes. Je ne vous raconte pas ce que cela donne de nuit sous une  pluie soutenue.

Le CHU en vue, j'allai parquer le véhicule à une centaine de mètres et revenai lentement et de plus en plus péniblement, sentant les efforts fournis commencer à titiller ma patte. Le personnel de l'accueil me fit sourire avec cette constatation formulée comme une interrogation : "c'est pour le pied ?". Comment l'avez-vous deviné ? O.O

Les formalités passées, j'attendais que le médecin m'appelle. Anecdote amusante : pour passer le temps, je lisais L'élégance Du Hérisson, un livre que m'avait offert Big Mother pour ses nombreuses similitudes me concernant.

 

Quand mon tour arriva et après un bref passage en radiologie, la sentence tomba rapidement : "Mademoiselle, votre orteil est bien cassé.". Je m'en doutais très fortement à la vue de la couleur violette-chocolat-bleu pâle de ma patte et n'étais venue que dans un désir de confirmation.

S'en suivi une attente interminable au cours de laquelle je discutais avec une autre malchanceuse pour qui ce voyage au pays des radiographies, des piqûres et autres joyeusetés était en réalité son baptême.

Alors que la chaleur ambiante commençait à me donner soif, je quémandai à un médecin de passage l'indication d'une fontaine ou d'un robinet où je pouvais me sustenter... Il me répondit d'un air sévère qu'il m'était déconseillé de me désaltérer dans l'hypothèse d'une possible intervention. Mon sang ne fit qu'un tour :

"La dernière fois, on m'a virée des urgences avec une clavicule séparée de deux centimètres et aujourd'hui vous voudriez m'opérer en urgence le petit doigt de pied ?!! QUE NENI !".

Malgré ma forte opposition, étant le seul à connaître la localisation de cette fontaine de jouvence et comme il ne se soustrayait point à ma requête, je repris ma lecture, le gosier toujours sec.


Au bout d'une bonne heure, le médecin réapparu - d'on-ne-sait-où ignorant l'origine et le lieu de sa disparition - et me fit part de sa conclusion :

- "C'est cassé mais il n'y a rien à faire mis à part un bandage. Pour l'arrêt de trav...".

- "N'y pensez pas ! Je n'ai pas les moyens de m'octroyer un arrêt de travail."

- "Et pour le sport..."

- "N'y pensez pas plus ! J'ai un Shodan à préparer !"

Les consignes et les papiers en main, j'allai vers la sortie non sans faire un léger détour à l'accueil pour demander la pharmacie de garde. Car fait intéressant que je n'avais précisé jusqu'à maintenant : nous étions un samedi soir, 23h47. Mais pour des raisons évidentes de toxicomanies, il me fallait d'abord me rendre au commissariat (comme pour aller expier mes fautes de conduite antérieures et futures dans l'agglomération de Nantes)  pour obtenir le lieu secret de ce trésor de guérison... Je vous passe les "c'est facile pour aller au commissariat, y clic à droite, y clic à gauche, y clic, y clic et c'est tout droit"...

 

Aparté : je serais à jamais admirative de mon sens infaillible de l'orientation... Je ne me suis perdue à aucun moment, sans carte ni GPS.


J'ai tourné pendant une heure autour de ce fichu commissariat pour trouver une place où larguer sans plus de cérémonie mon destrier à quatre roues, J'ai marché pendant une bonne demi-heure n'ayant trouvé plus près avant de me présenter à la porte du commissariat. J'avais jusque lors été de relative bonne humeur mais cette balade dans Nantes By Night sous la pluie (mes chaussures ayant la facheuse tendance à avoir la même propriété qu'une éponge... notez : encore une référence hérissonnesque pour une certaine marque de cet ustensil), d'un pas lent et transis avait sérieusement entamé ma joie de vivre.

Arrivée à destination, le policier me prit en pitié me voyant clopinant douloureusement ; lui expliquant que pour venir jusqu'à lui, j'avais certainement enfreint une douzaine de règlements du code de la route, il m'indiqua un chemin pas orthodoxe pour aller à bon port en m'assurant que ses collègues ne m'en tiendraient pas rigueur.

Je retournai donc à la voiture, toujours difficilement, la pression de la chaussure sur le membre - aussi petit soit-il - désagréablement présente.

La pharmacie fut moins compliquée à débusquer mais il me fallait encore garer le véhicule, marcher T.T et revenir une fois la transaction effectuée.

 

Après cette péripétie, vous seriez en droit de penser que je suis sagement rentrée dans mon terrier pour consoler mon pied...

Bien sûr que non ! Hérésie !!!

J'ai préféré reprendre la route pour aller à Sucé s/Erdre, dormir dans le véhicule par une température nocturne proche du zéro et monter sur le tatami le dimanche aux aurores pour n'en repartir qu'au crépuscule en faisant un dernier détour du côté de Rezé au sud de Nantes comme c'était initialement prévu...

 

A la seule différence, c'est que le hérisson boiteux, désormais, boite vraiment. \o/


 

 


 

By Kypic.

 

 

 

Le proverbe chinois de la fin :

"On peut guérir les maladies, mais non point le Destin."


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commentaires

Sylvie 03/12/2012 19:13

Hahaha ! Pardon...
Je constate qu'on a pas mal de similitudes !
Bon courage hérisonne.

(Excuse pour les fautes de frappe du précédent message).

Kypic 12/12/2012 18:43



Décidément, j'en suis à mon troisième essai de réponse... >.<


 


Bref, oui, j'ai cru remarquer que nous avions quelques étranges points communs. ^^


Mais si cela ne concerne que nos douloureuses expériences, autant te prévenir que j'ai un casier médical chargé. :p


Merci et pareil pour toi.


 


(aucun souci pour les fautes, j'ai relevé quelques fautes également dans mon article qu'il me faut instamment corriger - enfin, quand j'aurai le temps, procrastination un jour... - comme quoi,
tout le monde fait des erreurs)



Sylvie 02/12/2012 15:48

Ma pov décidément..!

Bon, la prochaine fois (ou pas je l'espère!), tu viens dormir chez moi, qui habite à 3 mn du commissariat de Nantes! (...ou, je ne pense pas que tu étais dans ton état pour remarquer les petites
"boules" dans le virage, faites exprès pour tomber en Vespa et se casser la clavicule à 500 m de chez moi).
Bref, bon courage, je me suis pété un orteil l'année dernière e, me cognant le pied dans la caisse à outils, qui était, bien entendu, au milieu du passage (bah oui, car quand je me lève la nuit
pour aller dans ma litière, je n'allume pas !).
Bref, plain de courage et de bises réparatrices.

Kypic 03/12/2012 19:04



Ah ! Si j'avais su !!! :p


 


Si si, ces mêmes petites boules sont aussi plaisantes quand on marche dessus avec un orteil cassé...


Je me dis que le petit orteil, c'est vraiment rien comparé à la clavicule. Mais je trouvais ma situation assez amusante et ironique d'où mon récit... D'ailleurs, jusqu'à ce que j'aille au
commissariat et passé la nuit de samedi, ça me faisait et me fait encore plutôt rire.


Un peu comme l'année dernière quand un staff croisé boxer m'a fait un gros bisou m'ouvrant la lèvre à presque voir au travers (d'ailleurs, le tour aux urgences était là encore mémorable, le
pauvre interne...).