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  • : L'épopée du valeureux Hérisson Boiteux
  • L'épopée du valeureux Hérisson Boiteux
  • : La bataille faisait rage. L'ennemi, fourbe et vicieux, frappait sans relâche usant toutes les ruses qu'il connaissait mais le vaillant hérisson n'avait pas encore rendu son dernier souffle.
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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 17:13

C’est souvent par un coup de téléphone presque confidentiel d’un ami que commence l’affaire.

 

« Je fais une réunion ce soir, viens, je ne peux pas t’en dire plus, tu verras. »

  

Vous avez beau poser des questions, intrigué par la discrétion accrue sur le propos de cet appel, on vous répond de venir et qu’il est impossible d’en parler comme ça.

Vous vous demandez donc si vous n’avez pas une bâche ainsi qu’une pelle et vous consultez sur une carte où se trouve la forêt la plus proche pour enterrer le cadavre tant cette retenue d’information paraît suspecte.

Vous venez ; des amis, les amis des amis et des gens inconnus au bataillon sont présents également. Enfin, arrive un individu gominé en costar trois pièces affublé d’une cravate ou d’une chemise à la couleur criarde nacrée, le tout accompagné d’un PC portable.

Plus de doutes, on veut vous vendre quelque chose !

 

La réunion débute et le nom du coupable est enfin lâché : ACN - dans la cuisine avec le chandelier.

 

Vous ne connaissez pas... du moins, c’est ce que vous pensez avant de vous rappeler de cet article peu glorieux vu sur la toile. Mais c’est trop tard, vous êtes déjà dans la réunion.

Ce n’est pas grave, comme ils le disent souvent eux-mêmes, « on y entre ou on n’y entre pas, au moins, vous ne pourrez pas dire que vous ne savez pas ! ».

Et c’est à cet instant que démarre la vente : monts et merveilles, du rêve, pouvoir jouer quelques mois et gagner le jackpot à vie, bref de la fumisterie.

Même la subtilité du slogan de la Française des Jeux (100% des gagnants...) fait pâle figure à côté du bulldozer ACN.

 

Tout y est !

·         La diversité des adhérents : de la mère au foyer à l’ouvrier en passant par l’étudiant qui réussi au gars sans emploi ;

·         La simplicité de gagner de l’argent en s’investissant suffisamment et en étant son propre patron ;

·         Le discours adapté à tous les publics : du requin qui souhaite gagner beaucoup de fric rapidement au mouton qui voudrait juste mettre un peu de beurre dans ses épinards ;

·         Et la joie d’être entouré, encadré et supporté par ses prédécesseurs.

 

La machine est bien rôdée et terriblement efficace.

C’en est d’ailleurs affreusement déconcertant puisque les ficelles sont pourtant énormes. Mais ça marche !

 

Alors, première question pas si stupide : ACN, c’est quoi ?

C’est une société qui ne vit quasiment que par le partenariat et un peu par son produit phare, le visiophone. Gadget de télécommunication de l’avenir qui ne servira certainement jamais à ma pauvre grand-mère qui ne voit même plus sa barbe de trois semaines mais à qui ils tenteront par tous les moyens de vendre l’objet inutile DONC indispensable, force de persuasion oblige.

En ce qui concerne le partenariat, les plus grosses boites de télécommunication, d’électricité et de gaz, de téléphonie mobile et bientôt des fournisseurs internet s’y associent.

Elle mise tout sur la « non pub » et le bouche à oreille d’où le caractère réunion secrète, confréries & co.

 

Et comment vit-elle ?

Sur la participation des VDI, vendeurs à domicile indépendants qui vont recruter des clients et d’autres VDI. Le principe se base sur la création d’un réseau à la fois de clients mais surtout de partenaires : car plus vous avez de partenaires, plus vous avez de clients indirects.

Donc, au départ, vous appâtez les clients pour rentabiliser les 477,20 € d’adhésion - Oh ! Avais-je oublié de mentionner ce fait ? Pour être embauché, puisque vous signez un contrat de travail, vous devez payer. Mais « qu’est-ce 477,20 € » quand on vous fait miroiter 500 à 1000 € par mois comme complément de salaire tant que vous avez des clients et des partenaires ? -  néanmoins pour vraiment être gagnant, il faut surtout parrainer !

Parrainer pour que vos filleuls trouvent des clients (sur lesquels vous toucherez un petit pourcentage) et d’autres filleuls qui trouveront d’autres clients et ainsi de suite.

 

Mais rassurez-vous ! Vous serez bien entouré, accompagné par une équipe soudée pour vous former et vous aider à trouver les clients et les futurs filleuls.

Oui, souvenez-vous : si vous parrainez, vous gagner plus ! Mais pourquoi êtes vous entré chez ACN déjà ? Parce qu’on vous a parrainé bien évidemment !

Donc votre parrain y gagne à vous aider, et le parrain du parrain aussi, et ainsi de suite. Au final, tout le monde y gagne !

Même le client qui achète moins cher - même si le produit ne lui est d’aucune utilité.

Quel magnifique argument de vente qui cache un système illégal sous le nom de pyramidal mais légal sous le nom de multi réseau.

Me crie-t-on à l’oreille que c’est à un poil de pubis près la même chose.

 

 

On en vient désormais à ce que vous pouvez prétendre comme salaire complémentaire.

Système de points par clients et par marchandise vendue,  on arrive à un calcul très simple quand on vous l’explique quoique très obscur en réalité (on vous dit que les relevés sont une preuve à l’appui mais vous n’en avez ni vu la couleur ni senti l’odeur donc vous vous contentez de croire sur parole).

Pour avoir 7% sur les factures des clients, il faut que vous ayez 100 partenaires (ou filleuls mais c’est plus professionnel/classe/in/fashion de parler de partenaire).

Ces cents partenaires ou filleuls doivent faire des clients à l’année pour que VOUS puissiez récupérer le complément par mois sur les factures mensuelles des dits clients. A cela s’ajoute des primes selon si vous parrainez beaucoup ou si vous vendez beaucoup.

On s’amuse avec les chiffres et on appâte le gourmand en jouant tout de suite avec des grosses sommes qui le font rêver (7000 €/mois dès la première année, 25 000 € de prime) puis on rassure le timide avec des sommes qu’il comprend (500 ou 1000 €/mois et 135 à 1800 € de prime).

 

 

C’est d’ailleurs à ce moment que le parrain de votre ami – toutes ces informations vous ont fait oublier où vous étiez à l’origine : dans le salon de votre ami qui espère être votre futur parrain – donc,  le parrain de votre ami en profite pour vous expliquer qu’il n’est pas nécessaire d’être un commercial aguerri pour réussir, que ce n’est qu’une question d’attitude et qu’il ne faut pas avoir peur de se jeter, «  tel un fier rhinocéros qui aurait la possibilité de sillonner la vaste jungle et en finir d’être le mouton qui suit bêtement le troupeau et ne sort pas de son pré, lieu où il se sent en sécurité ».

 

Le pauvre ne s’est pas rendu compte qu’on lui a collé une corne en plastique sur le museau mais qu’il a toujours la laine sur le dos.

 

La réunion est finie, personne ne vous oblige à quoique ce soit (même s’ils espèrent tous que vous sauterez sur cette magnifique opportunité) et on vous souffle à l’oreille que le 14ème d’Europe vient spécialement cette semaine dans votre ville pour vous dire Ô combien elle est importante dans l’expansion – déjà énorme – de la société ACN et qu’il serait dommage de ne pas le rencontrer.

 

 

By Kypic  (cet article a été rédigé le 31 Mars 2011) 

 

 

 

La phrase de la fin par Charles-Albert CINGRIA :

"Voilà ce que c'est que les moutons : ils obéissent aux chiens qui obéissent aux bergers qui obéissent aux astres."

 

 

 

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 13:13

Aujourd'hui, premier contact avec la MDPH depuis le dépôt de ma demande il y a 10 mois.

 C'est la moyenne, vous connaissez les administrations françaises : 2 heures pour la CPAM, 5 heures aux urgences,  30 minutes aux caisses d'un supermarché, des années à Pôle Emploi...

  

Bref !

Fraichement reconnue Travailleur Handicapé sans taux d'invalidité, je tique ! J'en ai un (que je conteste avec ténacité)... Oui, mais il a été attribué par un expert judiciaire et pas par la MDPH.

Mais alors pourquoi on détermine un taux d'IPP avec la MDPH et un autre avec l'expert médical judiciaire ?

 Ne serait-il pas plus simple de tout regrouper ? (<= mais c'est qu'il en a de bonnes idées le grattoir à chaussures - bon, sauf que ce n'est pas le premier à le penser)

  

- Bah non, les taux ne sont pas les mêmes !

  

- Comment ça ? Ne sont-ils pas basés sur un avis médical JUSTE (et j'insiste énormément là dessus, il me semble que c'est un mot inconnu du jargon de la médecine) qui définit les incapacités, les douleurs et la pénibilité tant au travail que dans la vie courante ?

  

- Si. Mais c'est-à-dire que la MDPH utilise un barème et l'expert un autre.  

 Nota Bene : La Sécurité Sociale a également un barème pour évaluer le taux d'IPP sur les accidents du travail et les maladies professionnelles.

 

- Et pourquoi les barèmes ne sont pas les mêmes ?

 

- Parce que le barème pour l'expertise est développé par les assurances.

 

- Aaaaaaah !!! Tiens ?!! Ces mêmes assurances qui payent les dommages et intérêts aux victimes quand leurs clients sont responsables sont celles qui en fixent aussi les taux ? Ces mêmes assurances qui mandatent leurs experts pour effectuer l'expertise ?

Comme c'est étrange que dans un système normalement neutre ce soient ceux qui payent qui fixent les taux...

Il n'y aurait-il pas conflit d'intérêt de par les plus grands des hasards ?

J'ai comme l'impression d'être le dindon de la farce... O.o

 

 

Donc, en résumé, nous avons trois taux d'IPP :

- un qui sert en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle fixé par la CPAM,

- un qui sert à obtenir des allocations selon certaines conditions fixé par la MDPH

- et un dernier qui sert à vous enc*ler sur des dommages et intérêts fixé par un expert médical judiciaire.

Si vous vous retrouver dans mon cas à savoir : ce n'était pas un accident du travail et, a priori,  je ne remplis pas les conditions de la MDPH, votre numéro complémentaire sera un gros quedalle à roulette - ou un pot de vaseline. 

C'est le jeu ma pov' Lucette comme dirait la Française Des Jeux.

 

 

By Kypic

 

 

 

La phrase de la fin par François De La Rochefoucaud :

"L'intérêt parle toutes sortes de langues et joue toutes sortes de personnages, même celui de désintéressé."

 

 

 

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 15:20

Le 16/12/2008.

C'est effectivement le jour où j'ai été transformée en un pathétique paillasson par une twingo.

C'est là que tout commence. Là ou j'ai décidé d'entrer dans la réalité et cher Néo, la pillule bleue est dure à avaler...

L'univers du bisounours est mort, vive l'enfer des assurances.

  

En effet, vous constaterez qu'en prolongation de période de répression routière, les automobilistes qui écrasent les braves et honnètes hérissons sont condamnés à 250 € d'amendes et une tape sur les doigts.

Quant à la pauvre bête laissée sur le carreau, il ne lui reste plus que ses yeux pour pleurer et sa manche droite pour se moucher. Entre bataille pour la santé, RESET de la carrière, loisirs en berne, méga galère financière et soutien situé entre le néant et le vide intersidéral, vous allez comprendre comment la justice française plaint les désormais dénommés "délinquants routiers" et la médecine rabaisse les victimes.

 

Pourtant, dans cette affaire, il n'y a pas de présumé innocent.

C'est à dire que quand l'automobiliste - circulant sur une route à double sens - tourne sur sa gauche, de ce fait, traverse la voie d'en face sans freiner, sans mettre de clignotant et en ignorant la règle basique du code de la route : la priorité, il est clair qu'il est désigné coupable d'office dès lors qu'il percute le malchanceux cycliste qui se trouvait en face.

Mais même en tort à 100%, le coupable reste de bonne foi ("je ne l'avais pas vu !") et l'avare victime ("Mais que foutez-vous sur la route bon sang ?!") ne cherche qu'à se faire du blé pour se la couler douce jusqu'à la fin de sa vie.

Il y en a qui jouent au Loto, moi, j'ai décidé de tenter ma chance en me calquant le portrait sur la portière passager avant d'une voiture.

 

En tant que victime vous êtes dans l'obligation de prouver que vous avez bien eu préjudice. Oui, c'est à celui ou celle qui est blessé/ée, meurtri/ie que revient la responsabilité entière de prendre en charge sa défense - la victime est victime jusqu'au bout. 

Et ne croyez pas que votre bras ballant ou deux centimètres séparant ce qui est censé retenir votre bras à votre clavicule suffira à démontrer que vous subissez un dommage. Ne croyez pas non plus que les choix médicaux ne vous seront pas reprochés ! Non messieurs dames !

Il est possible de vivre avec un membre cassé à vie. Finalement, n'étant pas morte, je me dois d'être reconnaissante d'être encore en vie. Youpiiii, j'ai envie de dire. Merci de m'avoir épargnée, je vous ferai des offrandes et chanterai à votre gloire Ô généreux seigneur.

Quant aux choix médicaux, il y a toujours un argument pour vous faire comprendre que c'est le mauvais.

Vous ne vous êtes pas fait opérer et vous avez mal ? Mais qu'est-ce que vous attendez nom d'un chien !

Vous vous êtes fait opérer et vous avez mal ? En même temps, vous saviez très bien quels étaient les risques d'une intervention...

 

Sachez que peu importe ce que vous entreprendrez. Ce ne sera pas la bonne démarche.

N'espèrez pas obtenir gain de cause sans bouger les membres qui vous restent, c'est la dure loi des assurances, du nouveau serment d'Hyppocrate et d'une justice borgne. Même en vous battant corps éclopé et âme lassée, vous avez plus de chance de gagner au Loto.

 

Et je ne vous ai parlé que brièvement de l'aspect médico-légal.

Je vous fait grâce pour le moment de toutes les démarches administratives qui feraient pâlir le laisser-passer A-38 dans Astérix et Les Douze Travaux, ce sera pour un autre billet.

 

 

By Kypic.

 

 

 

Pour l'heure, la phrase de la fin par Paul Claudel :

« [...] Il n’y a de société vivante que celle qui est animée par l’inégalité et l’injustice. »

 

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