Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : L'épopée du valeureux Hérisson Boiteux
  • L'épopée du valeureux Hérisson Boiteux
  • : La bataille faisait rage. L'ennemi, fourbe et vicieux, frappait sans relâche usant toutes les ruses qu'il connaissait mais le vaillant hérisson n'avait pas encore rendu son dernier souffle.
  • Contact

Rechercher

Archives

Catégories

Liens

2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 19:25

Parce que rire est un remède efficace, j'ai décidé de raconter toutes mes pérégrinations chirurgicales démontrant ma capacité à avoir une relation bizarre avec dame Chance.

 

Tous ceux qui sont passés par la case charcutage pourront en attester. Une intervention chirurgicale vous promet toujours des surprises et parfois avec un petit laps de temps histoire de vous surprendre encore plus.

 

La première surprise, c'est le réveil.

Pour les plus chanceux, ils n'auront que l'impression d'avoir pris une cuite monumentale (sans avoir bu une seule goutte, c'est de l'arnaque, j'en conviens). Pour les moins chanceux, ils auront repris conscience avant qu'on ne les extube (et ça, ce n'est vraiment pas cool).

La deuxième, ce sont les effets secondaires que votre chirurgien a omis de vous mentionner certainement pour ne pas vous faire fuir avant l'intervention... Et avec du recul, il a peut-être bien fait.

 

Voici un petit florilège de mes plus belles surprises post-op' :

- La douleur. Au réveil : même pas mal, je suis une warrior ! \o/ Morphine ? Même pas besoin ! ... Petite viscieuse : le lendemain et son second effet KissKool "J'vais mouuuriiiiirrrrrrr !!! Rendez-moi le bouton maaagiiiiqueuh !!!!"

- La morphine. Trop cool quand on vous file la manette magique. Beaucoup moins cool quand on vous l'enlève le lendemain alors qu'ils savent pertinemment qu'avec le choc (non, ne croyez pas qu'ils s'occupent délicatement de votre envloppe charnelle lors d'un charcutage), le corps vous renvoie l'information "ça douille grave sa mère" qu'au minimum 24 heures après soit quand vous n'avez plus la manette magique.

- Les miroirs. Un traumatisme - surtout facial -, ça provoque des cicatrices, des hématomes et des gonflements qui peuvent être très impressionnants. Concert de grincements de dents à la sortie d'hosto. C'est si moche que ça ? La chose à ne pas faire : vérifier. Oui, ça l'est.

- Les mèches. Je sais désormais pourquoi on parle de "fosses" nasales... Quand on vous sort une mèche d'une trentaine de cm et du diamètre de votre pouce de votre naseau (avez-vous déjà tenté de mettre votre pouce dans vos narines ? n'essayez pas, ça ne rentrera pas), vous regrettez soudainement d'en avoir deux. La bonne surprise, c'est quand vous recommencez (parce que vous êtes masochiste et que vous aimez vraiment vous faire charcuter) et que les mèches sont, cette fois-ci, ridiculement petites...

- Le bras qui manque à l'appel. On ne vous a pas prévenu avant de vous jeter chez Morphée qu'on allait faire l'équivalent d'une péridurale à votre bras ?! Même si on se doute qu'il n'a pas été coupé (enfin, dans mon cas toujours), il y a une question qui vient naturellement au réveil : "dites, vous pouvez m'indiquer où est mon bras ? Je l'ai perdu dans la salle d'op'."

- La troisième guerre mondiale s'est déroulée dans ce qui était initialement votre bouche. Des crevasses, des cadavres (tiens un rat mort), du sang, des os et des fils - barbelés - partout... Pas de doutes, il n'y a aucun survivant.

- Les "faux" mouvements. Parfois, on se rend compte qu'il y a tout un mécanisme anatomique méconnu...

- Les rejets d'os. Oui, la première fois que vous découvrez un morceau d'os se faisant la malle via la cicatrice,  ça vous fait flipper.

 


Et pour conclure (non, je n'ai pas fini mais c'est un billet, pas un roman... )

- Le syndrôme du grain de sable. Quand l'anesthésiste oublie de fermer l'un de vos yeux et que vous vous réveillez avec une poche d'eau à la place de votre globe oculaire, c'est le syndrôme du grain de sable qui tire son nom du fait que le patient a l'impression d'avoir un grain de sable très douloureux dans l'oeil. Frustrant donc puisqu'il n'en est rien et qu'il est donc impossible de retirer la source de la gène, n'existant pas en réalité... "On vous a opérée l'oeil ?" Eh bien non Captain Obvious ! Vous voilà borgne pour quelques jours. \o/

 "Vous avez de la chance, le service ophtalmologie est dans la même unité que la chirurgie réparatrice !"

"Super ! Et c'est pour ça qu'ils ont mis 5 heures pour se pointer ?" >.<

 

 

Bilan :

N'imaginez pas que les chirurgiens vous manipulent délicatement quand ils ouvrent votre carcasse. C'est un mythe.

N'imaginez pas qu'il ne se passera plus rien après la sortie de l'hosto. C'est une fable.

Et surtout n'imaginez pas sortir de l'hosto dans un état proche de la normale. C'est une légende.  

 

 

By Kypic

 

 

 

La phrase de la fin par Charles Baudelaire :  

"Sois sage, Ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille !"

Partager cet article

Repost 0

commentaires