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  • : L'épopée du valeureux Hérisson Boiteux
  • L'épopée du valeureux Hérisson Boiteux
  • : La bataille faisait rage. L'ennemi, fourbe et vicieux, frappait sans relâche usant toutes les ruses qu'il connaissait mais le vaillant hérisson n'avait pas encore rendu son dernier souffle.
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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 21:55

"Ne te plains pas, il y a des enfants qui meurent de faim dans le monde."

Variante : "Il y a des gens qui meurent chaque jour."

"Et les gens en fauteuils roulant ?" C'est pire non ?"

"Tu sais, il y a pire ailleurs, soit content de ce que tu as."

   

Vous connaissez ce genre de lieux communs ou comparaisons gratuites qui sortent si facilement lorsqu'il n'y a aucune démonstration d'empathie envers l'interlocuteur qui plus est quand le sujet ne s'y prête absolument pas.

Ils ne valent pas mieux qu'un point GODWIN, ce fameux point décerné à celui qui, à court d'arguments, pose l'affirmation suivante : son opposant ne peut être que faschiste ou nazi.

  

Car il est facile de faire des comparaisons douteuses entre une situation qui touche personnellement et un problème - dont je ne nie ni ne dévalorise en aucun cas l'existence et l'importance - qui ne concerne pas directement sous un prétexte fallacieux de modestie souvent mal placée.

L'humilité, c'est savoir écouter les autres sans les juger, avec compassion et se taire si l'on n'est de bon conseil. 

Peu importe la gravité des problèmes. Parce que vouloir dédramatiser et surtout faire relativiser le problème d'un autre a un effet pervers même s'il est parfois insconscient : c'est davantage le dénigrer que de le résoudre.

Or, nous sommes dans la situation de cette fabuleuse citation de Claude Aveline qui se transpose autant à la souffrance qu'à la vie tout simplement : "La mort d'autrui soummet le vivant, résigné, aux lois inévitables ; la sienne, il la considère comme un assassinat."

Ainsi nous sommes tout bêtement plus concernés par ce qui nous arrive, c'est incontestablement logique.

Et quand quelqu'un a des soucis, il a besoin qu'on l'écoute, qu'on le comprenne et qu'on ne juge pas sa souffrance puisque lui seul peut savoir combien il souffre. C'est normal, il est le seul à souffrir de ce mal. Dès lors, il est inapproprié que l'on compare cette douleur avec une autre qui, non seulement n'est pas comparable - une souffrance est aussi unique que la mort sus-citée -, mais surtout ne le concerne pas. D'autant plus inapproprié quand on vient ensuite solliciter cette même oreille attentive et cette même épaule réconfortante pour nos propres problèmes...

  

Alors qu'il y ait pire ailleurs ne doit pas permettre de se vautrer sans remords dans une certaine médiocrité.

Tout comme cela ne doit pas inhiber ou discréditer la souffrance céans.

 Tout comme on ne doit pas oublier que s'il y a pire ailleurs, il y a mieux aussi.

 

 

Il faut enfin savoir qu'être en souffrance et demander implicitement ou explicitement une aide désintéressée ne nous rend pas moins humble si nous sommes capable d'en faire de même lorsqu'une âme en peine nous sollicite à son tour. =)

 

 

By Kypic

 

 

La phrase de la fin par William Shakespeare :

"The worst is not so long as we can say : this is the worst."

"Le pire n'est point tant que nous pouvons dire : voici le pire."

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