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  • : L'épopée du valeureux Hérisson Boiteux
  • L'épopée du valeureux Hérisson Boiteux
  • : La bataille faisait rage. L'ennemi, fourbe et vicieux, frappait sans relâche usant toutes les ruses qu'il connaissait mais le vaillant hérisson n'avait pas encore rendu son dernier souffle.
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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 15:15

Il est vrai que vous pourriez penser que mes sarcasmes sur le fonctionnement médico-légal et sur l'indemnisation des dommages sont exagérés n'ayant que cette brève information : le hérisson est victime d'un accident de la route. 

Alors revenons sur les conséquences de cette date fatidique où j'ai défoncé une portière de voiture à grand coup d'épaule lorsque le véhicule incriminé eût refusé la priorité (non mais ! ).

Et pour ceux qui se demanderaient : non, je n'ai pas pleuré.

J'avais même pensé que je n'avais rien avant que mon épaule ne suive pas le mouvement. 

 

Accrochez vous parce que c'est trèèèèèèèèès long et ce qui aurait du n'être qu'une simple banalité s'est transformé en un pas si joyeux bordel.

  

16/12/2008 :

 La wonder Kypic que je suis a donc fini sa soirée aux urgences - mais plutôt de bonne humeur, de toutes façons, c'est fait.  Une demi douzaine de radios plus tard, le verdict tombe : c'est cassé. Chic, c'est ma première fois (je suis très solide comme fille)

Le chirurgien que je ne verrai pas plus que mes radios (donc pas du tout) décide qu'il n'est pas nécessaire d'opérer et me laisse avec la récompense du brave guerrier : les anneaux de contention.

Ca ne durera que six semaines, roulez jeunesse ! (Ok, ça me fait chier mais je peux y survivre, ça n'est pas un problème)

 

Précision : les anneaux sont une machine de torture moderne - avant ils utilisaient les chambres à air de vélo - utilisée par les médecins qui ont la flemme de s'occuper de votre cas (ils sont très controversés car les résultats sont souvent peu satisfaisants). Ca fait excessivement mal, c'est très inconfortable et pour que ce soit efficace, il ne faut ni l'enlever ni bouger le bras durant le temps de consolidation (de toutes façons, bouger le bras avec une clavicule cassée, ça fait très mal aussi) : et on fait comment pour se laver et se changer ? DE-MER-DE-TOI !!!

 

29/12/2008 :

Je vois pour la première fois le chirurgien deux semaines plus tard et là, la question d'opérer se pose sérieusement ! Mais comme il n'est pas sûr, il décide de continuer le traitement orthopédique. A noter, je vois enfin l'une de mes radios :

SP A0025

 J'ai eu envie de dire : tout ça pour ce tout petit bout d'os de rien du tout ?!! Merde ! C'est même pas impressionnant.

Oui, mais le corps humain est vicieux, ce petit bout de rien du tout est super important puisque c'est là que tous les ligaments sont accrochés (vous verrez pourquoi j'en parle) et c'est par là que passe toute la tuyauterie du bras...

 

30/01/2009 :

Je revois le chirurgien après 6 semaines d'anneaux. Six semaines ? Mais ça veut dire que c'est fini, c'est ce qu'ils m'ont promis !!! 45 minutes d'attente - toute seule - dans son bureau avec ma nouvelle radio en pleine face.

Je me rends à l'évidence : ça n'a pas bougé d'un poil, il va falloir passer par la case charcutage. (Bon, ce n'est pas ma première fois mais je n'avais pas spécialement envie de me faire ouvrir l'épaule).

Le chirurgien arrive, m'osculte - allongée O.o - et se félicite : ça s'englue (j'ai cru qu'il parlait de sa cervelle au départ), vous pouvez retirer les anneaux et on peut vivre avec une clavicule cassée à vie, ce n'est pas un problème.

 

Je suis juste quelqu'un de très sportif et je suis ambidextre ; je doute que deux centimètres soient si peu problématique...

D'autant que j'ai très mal en permanence (j'insiste là dessus parce que je me rendrai compte au fur et à mesure que les médecins en ont strictement rien à foutre de la douleur de leurs patients). Et n'étant pas douillette pour deux sous (si vous saviez le nombre incalculable de fois où je me suis fais mal : traumatisme cranien, nez cassé, entorses multiples - j'ai réussi à m'en faire une au coude -, etc. bref, je suis une casse-cou (ille aussi)) quand je dis très mal, c'est que j'ai trèstrès mal.

 

En tout cas, il y a une chose sur laquelle on ne m'avait pas menti : 6 semaines et c'est fini. Peu importe le résultat - mais ça, ils ont oublié de le mentionner.

 

11/03/2009 :

Je vois un autre chirurgien (je passe le deuxième avis qui me paraît aussi stupide que le premier). Là, mon sacro-saint sauveur : "ah nan, ça ne s'englue pas *tête interrogative : qui a pu sortir une connerie pareille ?*, il faut opérer rapidement."

Il me fait faire une radio avant le passage sur le billard :

SP_A0030.jpg

Effectivement, ça avait bien l'air de s'engluer cette affaire. Comme dirait un ami : "C'est comme si tu collais deux feuilles ; tu peux y mettre autant de colle que tu veux, si elles ne se touchent pas, ça ne collera pas."

Et je suis restée courageusement , certes, malgré moi, 4 mois comme ça !

 

27/03/2009 :

Je me fais enfin charcutée pour mon plus grand plaisir, c'est mon septième passage, chiffre porte-bonheur. Ou pas ! Je suis vite virée de l'hosto : 20 heures, même pas une journée complète ; pour le traitement de la douleur, on repassera.

C'est à partir de ce moment que je craque tellement j'ai trop mal depuis trop longtemps.

Mais aussi parce que cette opération n'a pas l'effet escompté et j'apprendrai surtout beaucoup plus tard qu'en plus de la fracture, j'ai eu une luxation : les ligaments ont été endommagés... On s'est bien gardé de me le dire.

Voilà ce qu'a donné la première intervention (j'avoue que quand j'ai vu la première radio, je me suis demandée comment ce truc pourrait tenir un mois... C'est simple, ça n'a pas tenu \o/) :

 clav-post-op.JPG

 

"On vous avait bien prévenu pourtant qu'il y avait de gros risques que ça ne fonctionne pas !" Me dit l'expert pas plus tard qu'il y a trois semaines...

Ben non, surtout lorsque le chirurgien, à l'époque, vous regarde d'un air accusateur : "Vous avez fabriqué quoi ?!"

Je me suis tapé un golf avec mes amis juste après être sortie de l'hosto... >_> Ben rien, j'ai souffert dans le canapé de Big Mother, c'est tout.

 
23/04/2009 :
Opérée en urgence (5 mois après les faits, c'est ironique), on pose plaque et vis.
Je reste 3 jours à l'hosto cette fois-ci (no comment) et passe 1 mois de plus immobilisée.
Ca fait un total de 6 mois sans bouger le bras, c'est très dur.
D'autant plus quand vous avez quelque chose qui appuie en permanence sur la fracture (que ce soit les anneaux, les attelles ou tout bêtement les vêtements, s'habiller léger en hiver, c'est difficile et je ne vous raconte pas pour le soutif - surtout quand la nature vous a trop donné). Comme pour rappeler où vous avez bien mal au cas où vous l'auriez oublié. 
 
Je commence ma rééducation et on peut enfin découvrir l'étendue des dégâts : après trois mois de balnéothérapie, je ne lève pas mon bras au dessus de l'épaule... Impossible.
 
 Je ne parle pas de la dernière opération (08/06/2010) pour l'ablation du matériel : c'était une pure rigolade comparé à toutes celles que j'ai pu avoir avant. Toutefois, c'est après celle-ci que j'apprends la sombre histoire de luxation et que je vois les médecins se renvoyer la balle : "mais non, ce n'est pas une luxation, c'est juste un discret écartement articulaire." Amusez-vous à chercher la définition de la luxation...
  luxation
 Notez que tout n'est pas négatif : ma clavicule a retrouvé une tête de clavicule
On voit même les cinq trous de vis (bon trois d'ici).
Néanmoins, ca ne changera plus puisqu'au moment où j'écris, j'en suis toujours au même niveau malgré tous mes efforts (kiné, ostéo, acupuncture, décontractants, mobilisation du bras, etc.).
Et surtout ! J'ai mal. Tout le temps. Tous les jours. Ca ne s'est jamais arrêté et j l'ai toujours exprimé : j'ai mal quand je bouge, quand je ne bouge pas. Au point que je n'en dors pas ou très peu. Au point où ça en est usant.  Je ne vous fais pas la liste, ce serait trop long pour ce billet déjà bien fourni.
 
Nota Bene : Mon cas était un cas chirurgical dès le départ. Sujet jeune, très sportif et actif, fracture du quart externe (ce tout petit bout d'os) déplacée avec luxation : tout indiquait une opération rapide pour moins de séquelles.
 Et quand je demande aux chirurgiens renommés : "Moi ?! Je vous aurais opérée de suite... ... Mais ce n'est pas illogique."
 
Tout ça, ce n'est que l'aspect médical.
Au moment de l'accident, j'étais pile entre deux CDD, ça complique encore plus les choses.
Je n'ai pas perdu que deux ans et demi (voire plus), la fonctionnalité de mon bras ou mon sommeil avec.
J'ai perdu les trois quart de mes loisirs et quand ils ne sont pas perdus, ils sont altérés : le VTT, la musculation, la moto, les sports en général (j'arrive à pratiquer l'aïkido mais qu'à 50%), j'apprenais à jouer de la guitare, je dessinais, etc.
J'ai perdu ma vocation professionnelle. Et je perds encore beaucoup : je ne peux plus faire n'importe quel boulot (j'ai essayé pourtant, allez envoyer un CV avec plus de deux ans sans aucune activité, même la lettre de motivation ne sauve pas la mise) et je dois me réorienter.
J'ai perdu des diplômes pour ne pas avoir pu les recycler.
J'ai perdu la quasi totalité de mon épargne à vivre qu'avec 600€ par mois pendant près de deux ans (avec de gros décalages qui m'ont laissée parfois deux mois sans rien toucher).
Mais le pire, c'est que je me suis perdue ; pas entièrement, il me reste mon esprit mais vous savez ce qu'on dit : "un esprit sain dans un corps sain"...
Je vous laisse le soin d'imaginer ce que peut être mon esprit aujourd'hui.  
 
 
 
By Kypic
 
 
 
La phrase totalement détournée de la fin par Gilles Deleuze :
"Et nous réclamons le droit d'une légèreté et d'une incompétence radicale, celui d'entrer dans le cabinet de l'analyste et de dire : ça sent mauvais chez vous."
 

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commentaires

Sniper 25/05/2013 14:32

J’ai eu connaissance de cette histoire, il y a environs deux ans de cela sans pour autant réagir dessus. Mais en revoyant récemment la discussion où j’en avais entendu parler, je me suis dit pourquoi pas le faire maintenant. Quoique franchement, même aujourd’hui je ne vois pas quoi dire là-dessus.

Néanmoins, je tenais à déclarer que j’espère tout simplement, que le hérisson de cette histoire parviendra à surmonter cette épreuve, ou que cela soit en bonne voie. Et à voir combien en dépit de tout cela, elle faisait de l’humour et dénonçait avec conviction les défaillances d’un système qui pose ce genre d’injustice, j’ai bonne espoir là-dessus.

Sylvie 05/11/2012 22:34

GRRRrrrrrr !

Excuse moi, mais quand je lis ton récit ça me fout en colère!
Comment on peut laisser les personnes souffrir comme ça ? Ca m'écoeure et te comprends si bien...
Pour ce qui est de mon cas (que tu cernes bien ;)), j'ai écris 2 fois au Ministre de la santé (sans réponse), et dès que je serais opérée, je porte plainte contre les 2 orthopédistes qui me
disaient que c'était dans la tête, que ce n'était que des douleurs fantômes...
Mon généraliste m'a conseillé de faire appel à l'Ordre des médecins, et papounet de porter plainte, avec avocat gratos de l'assurance.
Vu que se sont des médecins, ils sont intouchables ? On est que des pions sur l'échiquier ? On doit subir des mois et des mois les avis d'incapables tout en sachant que nous en pâtissons sur les
plans physique - psychologique - et financier ?
Bah non, ça suffit !
Cette fois, je n'ai pas envie de me laisser faire: STOP !!!
Il y a trop de conséquences, que NOUS subissons des dommages irréversibles de médecins inaptes à exercer, qui détiennent notre avenir et leurs conséquences entre leurs mains.
Nous sommes des usagers de la santé, et je tiens à défendre mes droits et ma dignité.
Je suis vraiment désolée de te savoir toujours souffrante...vraiment...
J'aimerais t'apporte du réconfort ou une solution..
Merci infiniment pour tes conseils.
A tout vite petite hérissonne.