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  • : L'épopée du valeureux Hérisson Boiteux
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  • : La bataille faisait rage. L'ennemi, fourbe et vicieux, frappait sans relâche usant toutes les ruses qu'il connaissait mais le vaillant hérisson n'avait pas encore rendu son dernier souffle.
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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 22:50

Non, je ne suis pas morte !!!

(Bien qu'on eusse tenté de m'assassiner en me roulant sur le pied il y a quelques mois - encore une histoire rocambolesque à vous conter)

 

Je pourrais vous faire une blague plus que douteuse sur les "fausses" raisons de mon absence (entrainement terroriste pour me faire justice auprès d'une certaine assurance) mais par respect après les événements récents, je m'abstiendrais.

 

 

 

Simplement les aléas de la vie qui font que nous sommes parfois emportés, parfois dépassés et qui me tiennent éloignée de l'écriture depuis un temps certain maintenant mais je ne vous oublie pas, chers lecteurs. Peut-être que, en revanche, vous m'avez oubliée mais je ne vous en voudrais pas.

Et ce ne sont certainement pas les sujets qui m'ont manqué. Juste le temps...

 

Le dénouement de l'origine de ce blog est sur le point de se produire car, en effet, cette année sera celle où le procès aura normalement lieu et nous saurons ce qu'il en est de la justice en cette démocratie. Intéressant, me direz-vous, de parler de justice en ces temps quelques peu troublés par une actualité hors du commun portée par des hommes aux justices variées et variables.

 

 

 

En attendant des jours meilleurs et prospères, je vous souhaite au passage une excellente année 2015 et qu'elle devienne plus douce que son début ensanglanté.

 

A une prochaine, je ne saurai vous faire promesse sur une date car je ne suis point sûre de la tenir.

 

 

By Kypic

 

Le mot de la fin par Joachim Du Bellay :

" Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge.

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison ?
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?"

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 22:23

Certains ont peut-être entendu ou lu un fait divers parmi tant d'autres, celui du drame de la Roseraie à Angers où deux jeunes passants ont été percutés violemment (et je pèse mes mots) par un automobiliste dont le pied devait être trop lourd pour circuler à la vitesse règlementaire.

Pourquoi ce billet ? Pourquoi ce fait divers ? Vous demanderiez-vous à juste titre.

Non, je ne connais aucune des deux victimes et bien qu'il puisse y avoir quelques vagues similitudes avec ma propre bataille sur les champs routier et judiciaire, qui plus est dans ce même fief, ce n'est en réalité pas du tout le sujet.

 

Il s'avère que, par grand hasard, ce malheureux événement se déroula sur une intersection que j’emprunte suffisamment fréquemment (tous les jours ou presque, sauf le samedi parce que c'est le jour du marché - aucun rapport) pour en être un témoin indirect.

Carrefour Ô combien dangereux puisqu'il comporte quatre voies laissant le désir "brûlant" aux Paul Walker (dois-je signifier la grande ironie quant à la traduction de son nom de famille ?) de se croire sur un rallye ainsi que des feux pour les piétons qui ne laissent pas le temps aux grand-mères de traverser ne serait-ce que la moitié du passage. J'ai par ailleurs calculé un jour : en partant dès que le feu devient vert et en pressant un tantinet le pas, j'arrive au trois quart de la route quand il passe au rouge. Le tout en restant vigilant à ce que les véhicules souhaitant tourner de mon côté ne me roulent pas dessus non plus... Car les gens ont des tendances à penser - à tort - que dès que survient le vert, plus aucun obstacle n'est autorisé ni ne peut entraver leur chemin.

 

Ceci est valable pour tout usager de la route.

Étant piéton, cycliste et automobiliste, je sais beaucoup de choses que les uns ne savent pas des autres : des cyclistes se croyant seuls sur la route, des piétons traversant sans crier gare et des automobilistes pensant qu'ils auront le temps même à vive allure... Le temps de réagir, de freiner, de s'arrêter, de passer, de rebrousser chemin... Non, ni les premiers, ni les seconds et encore moins les derniers n'ont ce fameux temps.

Je fus prise à partie par - me semble-t-il - l'un des passagers du véhicule meurtrier lorsque j'arrivai sur les lieux de l'accident, quelques instants après le dit, quant les secours s'affairaient auprès des deux corps épparpillés et étendus sur la sphalte. Celui-ci essayait de me rallier à sa cause prétextant que les deux adolescents avaient traversé le passage alors que le feu piéton était rouge...

- "D'accord, il roulait vite, mais ils n'avaient pas à traverser non plus !"

Voilà l'argument qu'il répétait à qui voulait l'entendre et le comprendre... Ma réponse fut simple, je n'y étais pas au moment des faits et ne peux que dire à quel point cet endroit est source de dangers pour ceux qui le croisent.

 

Sur les chemins de traverse, il n'y a qu'un seul principe qui vaille pour tous, y compris ceux dont le feu est vert : soyez vigilants à chaque instant.

 

Ceci n'est pas un message de la Sécurité Routière, mais nous sommes quand même tous responsables.

J'ai l'impression de l'avoir déjà faite, celle-là...

 

Ce soir-là, je rentrai dans mon terrier avec une image et une pensée qui me restaient gravées en tête : celle d'une bottine noire esseulée au milieu de la chaussée, bien trop loin de sa désormais défunte propriétaire et d'imaginer la violence qu'il a fallu pour lui arracher cette chaussure de son pied.

J'avais espéré pour elle qu'elle fusse comme Cendrillon et qu'à la fin de l'histoire, elle retrouvât son bottillon. Hélas, son récit s'est transformé en celui de la Belle au bois dormant, piquée par la Rose d'Angers. Seulement, cette fois, le "charmant" chauffard ne pourrait la réveiller...

 

 

By Kypic

 

La phrase de la fin par Théodore de Banville :

"Larges roses de feu, comme on en voit en rêve - et par le fier carmin, d'un sourire enchanté, - ressemble à du sang frais sur le tranchant d'un glaive."

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 15:39

Quelle joie serait-ce de me savoir soutenue par mes comparses de profession.

 

Hélas, il n'en est rien ; pire encore, ils préfèrent la sûreté des deniers que leur procure leur besogne quitte à courber l'échine en espérant que rien ne leur arrive plutôt que de se soulever devant l'inconséquence de leurs capitaines qui n'auront aucun scrupule lorsque le temps sera venu de rejeter toute responsabilité sur les sous-fifres...

 

Car c'est bien l'allure d'un dilemme cornélien qui s'est dessinée sur mon parcours d'embauches déjà parsemé d'embuches.

Travaillant dans le milieu dit "social" auprès d'un jeune public, je suis utilisée selon les légendes urbaines pour faire, au choix, le pitre ou le flic avec les enfants. J'aime à sortir des sentiers battus en la matière et préfère effectuer mon labeur comme Montaigne : "je n'enseigne pas, je raconte.".

 

Bref, restons dans l'actualité.

Vous n'êtes pas sans savoir que les nouveaux rythmes scolaires ont débuté puisqu'ils ont fait grand bruit durant l'été. Le problème réside en ce fait : tout ce tapage bassement fondé sur l'organisation des familles et le rythme de l'enfant est passé à côté du vrai scandale.

 

*roulement de tambour*

 

L'organisation des écoles.

 

Je ne m'avancerais pas à dire que toute la Gaule est concernée, cependant, les portes de la Bretagne sont ma cour de récréation et j'en parle donc avec l'expérience que je m'en suis faite : c'est le dawa ! Du grand n'importe quoi, n'importe comment, à la dernière minute, mode à l'arrache et advienne que pourra en priant très très fort que le ciel ne nous tombe pas sur la tête.

Pour commencer, je n'ai été sollicitée que quatre jours avant la rentrée (comptez dans ces quatre jours samedi et dimanche donc pas d'interlocuteur disponible) pour un remplacement sur les Temps d'Activités Périscolaires. Aurai-je pu refuser mais dans ma grande bonté d'âme et ma naïveté nouvellement et exponentiellement décroissante, j'ai accepté la quête pour gagner plus de points d'expérience et de pièces d'argent (pour vous (et moi), rôlistes) sans vraiment savoir dans quelle fausse joyeuse débandade je m'embarquais. Nous avons tous repris le lundi dès 9h15 afin d'être informés de nos affectations (quoi, quand, où, comment - dans cet ordre) et de nous organiser en fonction de...

 

Euh, non, il n'y a pas de salle donc il nous faut nous déplacer vers un autre centre. Ô joie, une marche à pied pour se mettre en jambe (vous pouvez ignorer cette plaisanterie douteuse)...

 

Cool, des nouveaux jeux de société, des ballons, des crayons, des... ah ?! Le matériel n'est pas pour nous ? 'Pas grave, j'utiliserai mes chaussettes pour faire des marionnettes (note à l'animateur : bien vérifier la non vétusté du matériel)...

 

Comment est-ce possible d'avoir deux groupes et que cela me fasse un total de 28 morveux à moi toute seule ?...

(nota bene, selon la réglementation de la DDJS, c'est un animateur pour 12 enfants de plus de 6 ans, pour les rythmes scolaires, des mairies ont obtenu une dérogation pour passer à un animateur pour 18 enfants)

 

Dites, si on rassemble les gosses à partir de 15h, avec un trajet aller de 20 minutes, pareillement pour le retour en sachant qu'on doit être revenu sur l'école avec tout le monde en entier à 16h30, vous savez que l'atelier passe de 1h30 d'activité à 15 minutes ?...

 

Atelier "jeux de société" sans jeux de société, check ; atelier "danse" -mais je déteste danser !- de 15 minutes sur du carrelage, check ; atelier "univers manga" avec trois manga qu'on ne peut emprunter dans la bibliothèque qu'on ne peut investir, check ; atelier "danse" -rien que parce que je déteste danser !- toujours de 15 minutes et toujours sur du carrelage, check ! On va s'éclater !!! :) ... Heureusement, il me reste mes chaussettes.

 

... et de nous organiser comme nous avons pu (la bonne blague).

 

Le mot d'ordre de cette fameuse journée fut : LA SE-CU-RI-TE ! Méga super ultra de la mort qui tue important. "On nous attendra forcément au tournant, il faut qu'on soit irréprochable sur ce point !" répétait notre responsable à qui voulait bien l'entendre.

 

Et c'est dans ces obscures conditions hasardeuses, pardon ?! Ce n'est pas le discours officiel, je reprends... Et c'est dans la joie et la bonne humeur que nous débutions cette rentrée 2013. \o/

Le lendemain fut largement moins amusant. La réalité du terrain venait rattraper la théorie déjà précaire sur le papier.

Un temps de préparation d'une heure quasi inexistant (le temps de manger puisque de 12h à 14h, nous sommes sur les temps de restauration, d'aller sur le lieu vérifier le peu de matériel présent et de chercher les enfants dans leur écoles... l'heure est vite passée), des informations bien trop tardives sur qui, combien, où et comment soit 35 minutes avant le lâché de gosses excités sur les animateurs déjà au bout du rouleau et des convois de 54 mioches avec seulement 3 animateurs pour les encadrer dans la rue... Jusque là rien de bien choquant, n'est-il pas ?

Encore moins quand l'un de ces chers bambins, peu désireux de venir à l'activité Danse s'est furtivement esquivé dans la cour de récréation laissant croire à ma responsable qu'il était absent (ce en quoi je le comprends tout à fait, voire, si je n'étais pas en charge de le rendre dans l'état où je l'ai trouvé, j'aurais applaudi son art de dissimulation). Moyennant quoi, je me suis retrouvée à la fin de cette histoire avec cet enfant en plus de mes 18 autres soit dans l'illégalité totale prenant le risque d'une responsabilité accrue si un accident survenait...

 

 

D'ailleurs, que dit mon contrat à ce sujet ?

Rien, il ne mentionne rien car il n'est point encore édité donc point signé... La mairie envoie ses contrats comme elle paye ses salariés : en "décalage" d'un mois. Notez les libertés que prennent certaines institutions...
 

Il faut également entendre que le plus triste dans cette affaire demeure ici : les premières victimes ne sont pas les animateurs, ce sont les enfants.

 

 

Forte de toutes ces considérations, je me suis faite fort de prendre position face à ces circonstances suspectes.

Soit je me tais, me fais toute petite, plie les pics en souhaitant que ma bonne étoile m'évite tout problème pendant cette cacophonie organisationnelle (pari un poil risqué) et le seigneur des terres qui m'emploie sera content de ma docile personnalité. En revanche, je cautionne la mise en danger des mouflets en poursuivant sans broncher en plus d'endosser une responsabilité en cas de pépin ; sachant pertinemment que le dit seigneur n'aura aucun remord à envoyer à la potence ses bouffons le cas échéant.

Soit je relève la tête, refuse de mettre en danger inutilement mes gamins ainsi que de prendre inconsidérément cette responsabilité et, avec assurance, décide d'interrompre les frais avant qu'ils ne prennent d'immenses proportions quitte à ce que mes supérieurs ne le voient pas d'un très bon œil, au risque de perdre une grande partie de ma rétribution, de me faire évincer ou, au pire, de me retrouver sans tâches et sans sous.

 

Tel Polyeucte qui devait choisir entre sa foi et son amour, je me devais de choisir entre mes convictions et mes obligations.

 

Ma décision fut difficile néanmoins je m'y tiens : je me range du côté de mes convictions la tête haute et les pics dressés mais non sans conséquences.

M'eut-on clairement annoncé que ma vie paisible de hérisson au sein de l'éducation ne serait plus aussi facile, considérant à tort mon acte comme une désertion et non comme une prise de position...Avais-je eu envie de m'esclaffer devant cette piètre intimidation. Supposait-on que je n'eusse nullement mesuré les retombées de ma décision ? Croyait-on que mon existence et mon cheminement fussent à l'origine aisés ? Etait-on persuadé que je revinsse sur mon avis face à la menace ? Pensait-on qu'on fusse nécessaire et indispensable pour mon alimentation et mon avenir professionnel ?

"Personne n'est irremplaçable" aiment à dire certains travailleurs et employeurs, petits ou grands. Cela va désormais et plus que jamais dans mon sens apparemment, mais qu'ils n'oublient pas que cela va aussi dans le leur...

 

 

 

Peu m'importe les courroux, je suis un hérisson samuraï : je n'ai qu'une parole, qu'un honneur et n'y reviens pas.

Je ne mets pas en danger des enfants pour aucune raison, encore moins pour percevoir plus d'argent et sauver la face des seigneurs volontairement ignorants, répréhensiblement aveugles et fatalement bornés.

 

 

*Si vous souhaitez que l'animateur reste, tapez "j'aime"

Si vous souhaitez qu'il parte, tapez-le*

 

 

 

By Kypic

 

 

La phrase de la fin par Jean-Paul Sartre :

"Choix et conscience sont une seule et même chose."

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 20:20

Le film Intouchable, très beau et très juste long métrage, illustre un problème intéressant : celui du handicap perçu par les gens dits valides.

 

Cependant, ai-je l'impression que l'objectif ait été mal compris et que le handicap demeure encore obscur pour bien des personnes. En effet, le handicap reste dans l'esprit des gens comme un désavantage qui se voit : fauteuil roulant, membre amputé, déficience mentale...

L'été 2012, je rencontrais deux jeunes femmes. Le fil de la discussion dériva sur le handicap et plus précisément les miens. Les deux demoiselles m'affirmèrent avec la plus totale indifférence que je devais me réjouir pour mes infirmités (absence de deux sens, malformation, mobilité réduite du bras gauche et douleurs permanentes) car elles étaient invisibles - le billet Il y a pire ailleurs ! était fortement inspiré de ce fait.

Aussi avais-je rencontré, il y a désormais quelques temps, quelqu'un qui était sourd/malentendant et pourtant, la surdité n'était pas inscrite sur le corps de la personne et je ne l'ai deviné que lorsqu'il s'est mis à communiquer en langue des signes. Ai-je également croisé cet été le chemin de personnes invalides dont l'origine et le caractère de la dite étaient indécelables...

Devraient-elles toutes s'estimer heureuses de la discrétion de leur invalidité ?

Je doute fort que mes deux réprobatrices n'eurent l'audace - le culot ? - de le leur indiquer leur chance suprême d'être des "handicapés furtifs".

 

 

Les affections corporelles ou mentales qui, malgré leur discrétion pour certaines, n'en restent pas moins handicapantes. Certes, et dans le cas des deux personnes avec qui j'ai conversé, leur pudeur est plus agréable aux yeux de la société mais ce n'est pas parce que cette dernière les ignore volontairement qu'elles n'existent pas.

Il n'est pas question de tomber dans le larmoyant excessif ou la pitié déplacée, ce qui semblait être l'une des doléances des deux comparses à mon sujet, simplement de respecter les personnes et de ne pas dénigrer leurs situations. Il est possible à la fois de prendre en compte les déficiences et de traiter la personne comme toutes les autres ; et souvent, ce sont celles qui n'ont pas de handicap qui sont incapables de dissocier les individus de leur incapacités.

 

Par ailleurs, je ne me plains pas de mes handicaps - ni ne m'en réjouis - car je n'ai pas d'autres choix que de vivre avec ;  je me plains en revanche d'être toujours rabaissée par rapport aux handicaps des autres.

A l'inverse, il ne faut pas non plus tomber dans la comparaison inutile qui induit un degré de "gravité" ; une connaissance, elle-même atteinte d'une maladie incurable handicapante, me faisait passer de victime à martyr en estimant ma situation plus sévère que la sienne sous prétexte que je n'avais rien demandé par rapport à l'accident... Personne ne souhaite être "porteur de handicap" (quelle belle expression !!! Le porte-t-on comme un bagage ou comme un fardeau ? >.>) quel qu'il soit et d'où qu'il vienne : d'un accident, d'une inattention, d'une malformation, d'une addiction, d'une dégénérescence ou d'une maladie.

 

 

Et cet été, il y aura eu cet étrange énergumène, un joyeux larron qui aurait bien eu toutes les raisons de se plaindre : "'y a pas d'raison" disait-il sans relâche... Il est atteint de trisomie 21, ce qui - à mes yeux - ne le desservait en aucune manière, mais atteint surtout d'un cancer, maladie en phase aigüe pendant ses vacances qui plus est. Il est pourtant plus lucide, plus humain que la plupart des gens que je vois, côtoie et rencontre au hasard de la vie.

A croire que les vrais handicapés ne sont pas ceux que la société désigne comme tels.

 

 

Je dédie cet article à cette personne, puissé-je un jour de nouveau croiser ton petit bonhomme de chemin, "mon grand". ;)

 

By Kypic.

 

 

La phrase anonyme de la fin :

"La sagesse fait partie des nombreux handicaps avec lesquels on doit vivre."

 

 

 

 

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 23:00

Veuillez m'excuser de cette interminable interlude de quasiment six mois, mais je me suis réfugiée dans mon faux bunker en croyant que la fin du monde nous emporterait tous et personne n'est venu toquer à la porte de ma tanière pour me prévenir qu'il n'en était finalement rien...

(Ceci étant bien évidemment un mensonge éhonté et ce sera d'ailleurs l'une des accusation de cet article)

 

Depuis ces derniers mois, je n'ai en réalité pas eu vraiment de temps pour moi, à moi, pour rédiger des articles alors que j'ai tout plein d'histoires amusantes, de contes fantastiques et d'anecdotes piquantes à raconter.

Et l'une des raisons concerne ma désormais célèbre clavicule. (bien qu'elle soit honteusement reléguée à la seconde place  sur la toile par un certain motard dont le patronyme ressemble à une marque de fromage ou de pâtes italiennes -au choix-, qui, lui, s'est vautré tout seul comme un grand et à qui on a déroulé le tapis rouge dans une magnifique salle d'opération. Non, ce n'est pas de la jalousie, ou si peu...)

 

 

Bref ! Passons sans autre forme de détour à ce qui m'amène aujourd'hui : la réception d'un courrier nommé "conclusion" de la partie adverse qui défend l'automobiliste et son assurance qui m'ont roulé dessus (le premier au sens propre, le second au sens figuré) ; document excessivement important dans la plaidoirie d'un tribunal de grande instance pour convaincre le juge du bienfondé ou non de la procédure.

Car en effet, en six mois, il s'en est passé des choses et des pour le moins surprenantes. Aurais-je dis amusante si ce n'était pas important et si je n'en étais pas la principale concernée.

 

Faisons ensemble un voyage dans le temps et remontons jusqu'à ce jour où, avec ma nouvelle et compétente avocate, nous sommes allées devant la juge pour quémander une expertise d'aggravation ayant découvert en février 2012 une excroissance osseuse poussant sur l'acromion, conséquence indirecte de mon accident.

L'avocat de la partie adverse, aussi agréable et sympathique que mon ex avocate (C'est de l'IRONIE, ils sont tous deux d'ingrats et d'odieux personnages), effectue son travail avec excellence voire, un petit soupçon de zèle : j'assiste à mon propre procès, je suis coupable d'être victime.

 

Je vous passe l'argument où je ne songe qu'à obtenir que plus de deniers car je suis une femme (selon certaines personnes, cela reste encore à prouver) et donc je suis vénale, celui où la demande d'expertise n'est pas motivée par une aggravation mais par mon éternelle insatisfaction féminine (cf argument précédent) et celui où j'ai refusé l'offre Ô combien généreuse de la GMF (non, je ne cite pas les personnes mais oui, je cite l'assurance assurément inhumaine) où ils avaient omis les frais de santé à ma charge, la perte de gain et la reconversion (soit les trois quart des dommages) et en arrive directement - ou presque - à la décision de justice en ce début d'année 2013 qui me laissa d'abord sans voix puis légèrement perplexe : la demande est rejetée car ce n'est pas une aggravation, l'excroissance étant comptée dans les séquelles nommées dans le rapport d'expertise.

Et pour vous convaincre de l'aberration de cette décision, nous allons tout simplement revoir la chronologie de ma série médicale et de son univers impitoya-ableuh insérer ici le bon générique.

 

  • 12/2008 => accident + visite sans guide au CHU
  • 03/2009 => consulte un vrai chirurgien
  • 03/2009 => première opération
  • 04/2009 => deuxième opération en urgence
  • 06/2010 => troisième opération
  • 08/2010 => escroquerie médicale
  • 06/2011 => simulacre d'expertise judiciaire
  • 09/2011 => visite guidée du centre antidouleur
  • 11/2011 => consulte un troisième vrai chirurgien
  • 02/2012 => galerie photo de l'excroissance osseuse
  • 03/2012 => Promotion avantageuse de la GMF (offre non renouvelable, voir conditions auprès de l'avocat)

 

Seuls les événements principaux sont listés

 

J'ai surligné les événements pour bien rendre compte de la cohérence de la décision de justice. A savoir qu'avant cette IRM, il n'y a jamais eu évocation ni de près, ni de loin, ni sur les bords d'une quelconque excroissance osseuse ; excroissance qui, donc, n'a pu se glisser 8 mois auparavant dans un rapport qui en ignorait ainsi parfaitement et complètement l'existence.

 

Peut-être percevez-vous maintenant la subtilité de mon titre ; titre à double interprétation.

Les acteurs de la "justice" française sont certes habiles avec les langues (de molière, de vipère, de bois... venez sur justice.com, tous les matériaux sont disponibles) en revanche, ils ont quelques lourdes lacunes en sciences. Constat confirmé par les très récentes conclusions données par la partie adverse - qui en plus s'évertue à ne pas dire le mot qui fâche quand elle exprime en préambule la raison de ce recours en justice ; ex : dont le véhicule de M. X était impliqué... Comme si le véhicule s'était jeté sur le hérisson sans que l'automobiliste au volant n'eusse pu agir afin d'éviter le drame.

Seriez-vous effrayés, Messieurs Dames les assureurs et avocats, à l'idée de prononcer la qualification réelle de l'implication de cette personne ? je vais vous aider un peu car c'est dans ma nature d'être altruiste : RES-PON-SABLE. cet individu est responsable !!!

Une manière astucieuse de détourner l'attention des juges sur qui doit quoi, combien et pourquoi à qui...

 

Dans ces fameuses conclusions résident ainsi un florilège extraordinaire de mensonges, d'amalgames, de diffamations et d'incompétences notoires qui en feraient presque pâlir certains partis politique français adeptes de ces genres.

Un futur article fera d'ailleurs l'objet de ces conclusions dès que la décision du référé en appel de cette magnifique bourde judiciaire sera rendue.

 

 

 

Suite au prochain épisode !

 

 

 

 

By Kypic.

 

La phrase de la fin par Robert Badinter le 28 aoüt 1981 :

"La justice française ne peut plus être une Justice qui tue."   Et pourtant...

 

 

 

 

 

 

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 11:02

Vous n'êtes pas sans savoir que la Fin du monde est prévue par des illuminatis, amplifiée par certains médias peu scrupuleux et enchérie par les ignares crédules pour le 21 décembre de cette année.

Et si vous ne l'êtes pas, alors bienheureux est le simple d'esprit. (N'y voyez pas une connotation péjorative dans cet adjectif qualificatif, bien au contraire.)

 

Outre les prévisions erronées, interprétées et réinterprétées de la fin d’un calendrier Maya – calendrier ayant déjà pris fin quatre fois et qui correspond au cycle long de 5 125 années en corrélation avec le cycle de précession se déroulant sur 26 000 ans (soit 5 cycles longs du calendrier Maya) – nous assistons à une effervescence de théories plus farfelues les unes que les autres sur, non pas la fin du monde car finalement tout le monde se contrefiche dudit, mais l’extinction de l’espèce humaine et à fortiori de sa propre mort pourtant inexorable que ce soit avant, pendant ou après le solstice d’hiver 2012, indépendamment de toutes fins des temps à venir.

 

Si je rédige cet article, c’est avant tout pour la raison suivante : hier, après être rentrée de mon entrainement quasi quotidien de ma discipline martiale, je m’informais sur l’état (pitoyable) du monde et malgré moi –alors que j’évite le sujet soigneusement depuis des mois par lassitude ou exaspération de l’incompétence, de la dramatisation et du profit douteux de certaines émissions télévisuelles à cet égard – je tombais sur le débat du soir qui s’intitulait « 10 jours avant la fin du monde ? ». Notez tout de même l’usage du point d’interrogation laissant une porte ouverte à la possibilité de penser que toute cette agitation n’est que pure fumisterie.

 

Ce qui attira mon attention n’est pas la fin du monde en elle-même. En réalité, je ne sais pas si je dois y croire ou pas et à vrai dire je n’ai pas l’envie de le savoir puisque j’estime qu’il existe des choses demeurant encore mystérieuses et obscures, l’apocalypse et la fin des temps en font partie. Elle adviendra un jour, puissé-je en être affranchie.

Non ! Mon intérêt se porta d’une manière tout à fait personnelle sur le magazine Science et Avenir dont le numéro de décembre dévoile sans surprise l’existence de trous noirs errants… (J’ai une fascination sans limite pour l’astronomie et l’harmonie de l’univers) En revanche, ce qui m’interpela au point de me choquer fut sa couverture faussement et inutilement alarmiste représentant la Terre avalée par ce phénomène astronomique effrayant dont les effets sont toujours inconnus – une autre « chose » mystérieuse et obscure (sans faire de mauvais jeu de mot).

 


Alors que les scientifiques ont découvert qu’un trou noir super massif a été éjecté de sa galaxie à une vitesse inimaginable pour l’esprit humain, les médias s’emparent de cette information pour alimenter une peur collective ancestrale plus que présente à l’heure actuelle (et pour cause) en ne mettant pas l’accent sur le fait que certes, ce trou noir peut être une menace à priori pour notre planète mais surtout pour notre galaxie et en modifier complètement son visage. Néanmoins et pour se faire, même si notre bête noire se déplace extrêmement vite n’oublions pas la relativité ! Si l’objet se déplace à plusieurs millions de km/h mais qu’il est situé à plusieurs milliers d’années lumière (soit très très très très très très trèèèèèèèèès loin) il lui faudra ces mêmes plusieurs milliers d’années - voire plus puisqu’il ne se déplace pas à la vitesse de la lumière - pour arriver jusqu’à nous. (encore faut-il que nous soyons dans son passage)

Désolée de briser les espoirs de certains : nous ne serons pas dans le sillage d’un aspirateur cosmique la semaine prochaine.

Je vous passe les autres théories qui sont faites dans le même moule : entretien de l'ignorance + information judicieusement tronquée = fantasme collectif.

 


Tout ceci pour dire que ce sujet que je trouvais amusant il y a quelques années (voir ma jeune réflexion de l'époque) commence désormais à m’hérisser le poil tant par l’imbécillité des uns à boire les discours débilitants de la télévision comme parole de prophète que par l’appât du gain des autres qui profitent de la faiblesse d’esprit des premiers pour en faire un buisness morbide sur un fond volontairement, religieusement et scientifiquement mensonger.

Dans un monde de surconsommation, vendre la mort à domicile ne paraît guère fantaisiste ni scandaleux…

 


On en négligerait presque le plus déprimant dans cette histoire. 

Si nous devions vraiment tous mourir vendredi prochain, qui serait fier d'avoir accompli ce qu'il a accompli ? Sûrement pas les promoteurs d'abris anti atomique qui seraient morts riches... La belle affaire ; que ce soit devant Allah, Saint Pierre, ou qui sais-je d'autre, je doute que des liasses de billets ne puissent garantir sa place dans un hypothétique paradis.

Et pour reprendre une curieuse idée d’un compère (bien que peu surprenante puisque c'est également une mode) qui croit dur comme fer à cette fin du monde et qui a fini par statuer que le 21 décembre sera le soulèvement des zombis, je vais citer cet intéressant comics que je lis depuis ses débuts pour en avoir la première édition chez Semic et que je recommande pour son traitement psychologique et implicite de ce qu'est l'humanité : Walking Dead.


« Dans un monde gouverné par les morts, nous sommes obligés de commencer à vivre. »


 


Peu importe quand la mort, compagne discrète, aura décidé de m’emporter - et jusqu’à ce dernier instant - je consacre ma vie à ce qui est important : vivre.

 

 

 

By Kypic

 

 

 

La phrase de la fin par Khao-Suan-Luang (?)* :

"Si l'on m'annonçait que la fin du monde est pour demain, je planterais quand même un pommier."

 

* Il m'avait semblé que cette citation provenait de Martin Luther, un moine allemand du 15ème siècle, mais en faisant des recherches sur la toile, j'ai trouvé un tout autre auteur dont je ne connais ni l'origine, ni la biographie. Par cohérence avec le web, je laisse l'auteur qui m'est inconnu, par souci de sincérité et dans le doute, je précise l'autre.

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 22:59

Parfois, je m'interroge sur la notion du karma. Car à n'en point douter, le mien à comme un air de destin acharné comme si, dans mes hypothétiques vies antérieures, mon Moi passé avait fait des choses pas très jolies-jolies pour laisser au Moi présent une vie de rédemption permanente...


Il y a deux semaines, tel le samurai que je m'impose d'être, je mis les voiles dans une folle épopée sur les côtes bretonnes afin de parfaire mes techniques et mon entrainement en vue de mon prochain passage Shodan (célèbre ceinture noire pour les néophytes occidentaux qui - en réalité - ne correspond qu'aux prémices de l'apprentissage de l'art martial et non, n'en déplaise aux croyances des dits néophytes, à un accomplissement total de son art).

Le stage de préparation des passages Dan du samedi se déroulait à Guérande, ville connue pour son sel de qualité et ses remparts, le perfectionnement technique et la pédagogie du dimanche à Sucé s/ Erdre, ville connue pour... bref, ville connue (ou pas) au nord de Nantes. L'organisation me permettant d'assister aux deux, je décidais de le faire à la dure : les deux stages entiers avec une petite nuit presque "à la belle étoile".

Ce que je n'avais pas prévu, c'est le petit incident fâcheux qui arrive toujours à point nommé !

 

En effet, durant le stage de préparation au passage Dan et alors qu'il touchait à sa fin, l'un des deux sensei (def : professeur) me pris pour la troisième fois comme uke (def : celui qui reçoit - dans le cas des art martiaux, celui qui reçoit la technique, il existe une autre version de cette définition mais elle concerne des pratiques sexuelles... même si on entend souvent dire que l'Aïkido est amour, on ne parle pas de la même... ^^') ou appelé aussi aïte ( def - à vérifier - : celui qui prête sa main) afin de montrer une technique à l'ensemble des pratiquants. Me prêtant volontier à l'exercice, je fus ainsi projetée et invitée à "me recevoir" (et non à chuter, les Aïkidoka haut gradés n'aiment décidément pas ce terme). La première fois fut comme à l'accoutumée : sans heurts. Néanmoins, la deuxième fois se déroula largement moins bien...

 


Dans ce dojo, les tatamis étaient relativement mal disposés, laissant apparaître des jours entre deux tapis par endroits et n'étant pas à la même hauteur à d'autres. Et bien qu'un samurai se doit d'être vigilant, il est des instants où on ne peut pas faire grand chose. Ce fut le cas lorsque le petit orteil décida de rester en communion avec deux tatamis tandis que le reste du corps s'en alla vers d'autres horizons, ailleurs...

Un craquement distinct et Ô combien familier à mon oreille résonna dans la salle. Aïe... non pas de douleur mais de prise de conscience : de cette histoire se dégageait un mauvais présage.

Me relevant et poursuivant la démonstration en prêtant tout de même une certaine attention à ma patte antérieure droite, je me rendis compte que mon équilibre était devenu soudainement précaire. Et ce n'est que lorsque le sensei me proposa d'effectuer à mon tour la technique que j'ai su... J'avais mal !

Ma première tentative fut hasardeuse puisque je testais mes possibilités et mes nouvelles limites, les deux suivantes plus assurées et efficaces furent quant à elles toutefois assez douloureuses.

Lorsque le senseï me congédia afin de reprendre l'entrainement d'une manière plus collective, il m'était devenu impossible de poursuivre sans compromettre ma patte invalide et il a fallu me résoudre à quitter le tatami.

 

A ceux qui penseraient fort à un abandon, ne criez pas défaite trop hâtivement !

 

Résignée et frustrée, je n'ai pu participer à la mise en situation d'un passage Shodan pour évaluer mon niveau et la pertinence de présenter le premier Dan en février prochain.

Cependant, autant avais-je déserté le tatami malgré moi pour ne pas l'encombrer, autant étais-je restée dans l'enceinte du Dojo à apprendre non plus avec le corps mais avec les yeux et l'esprit me rappelant ainsi une certaine époque...

Aussi, à la toute fin du stage, je remontai tout de même sur le tapis pour saluer avec respect et honneur les senseï et mes partenaires de bataille.


Une fois les formalités faites, je me changeai rapidement bien que péniblement lorsque fut venu l'instant de chausser le pied du crime. Clopin-clopant, je retournais à la voiture doucement mais sûrement.

Connaissant très peu le coin, n'osant me perdre dans Guérande à la recherche d'un "lieu de guérison", je pris la direction de Nantes en faisant une escale à Saint-Nazaire.

Saint-Naz' pour les intimes. J'ai toujours été subjuguée par ce surnom inconsciemment mais magnifiquement évocateur...

N'écoutant que mon estomac et non mon petit orteil droit, j'évitai soigneusement la sortie "Hôpital" me dirigeant vers Trignac et sa zone commerciale pour chasser mon repas, cahin-caha, dans un supermarché. J'espérais profiter aussi de cet instant pour trouver une pharmacie afin de me soustraire à "vous allez à l'hôpital, vous ne passez pas par la case départ et vous ne touchez pas 20 000 F". Hélas, le sort s'acharnait et point de pharmacie dans les parages.

Sortie de la chasse, fructueuse pour mon estomac, largement moins pour mon orteil, je me retrouvai une fois de plus sur la route direction Nantes.

 

Après un total d'une heure à conduire, je trouvai le CHU et ses urgences dans le centre de Nantes sans trop de difficultés - bien que je pense avoir emprûnté quelques chemins qui fussent normalement et légalement non autorisés. La police Nantaise me pardonna par ailleurs ces écarts involontaires car il est vrai et à signaler : Nantes est un véritable casse-tête pour les automobilistes. Je ne vous raconte pas ce que cela donne de nuit sous une  pluie soutenue.

Le CHU en vue, j'allai parquer le véhicule à une centaine de mètres et revenai lentement et de plus en plus péniblement, sentant les efforts fournis commencer à titiller ma patte. Le personnel de l'accueil me fit sourire avec cette constatation formulée comme une interrogation : "c'est pour le pied ?". Comment l'avez-vous deviné ? O.O

Les formalités passées, j'attendais que le médecin m'appelle. Anecdote amusante : pour passer le temps, je lisais L'élégance Du Hérisson, un livre que m'avait offert Big Mother pour ses nombreuses similitudes me concernant.

 

Quand mon tour arriva et après un bref passage en radiologie, la sentence tomba rapidement : "Mademoiselle, votre orteil est bien cassé.". Je m'en doutais très fortement à la vue de la couleur violette-chocolat-bleu pâle de ma patte et n'étais venue que dans un désir de confirmation.

S'en suivi une attente interminable au cours de laquelle je discutais avec une autre malchanceuse pour qui ce voyage au pays des radiographies, des piqûres et autres joyeusetés était en réalité son baptême.

Alors que la chaleur ambiante commençait à me donner soif, je quémandai à un médecin de passage l'indication d'une fontaine ou d'un robinet où je pouvais me sustenter... Il me répondit d'un air sévère qu'il m'était déconseillé de me désaltérer dans l'hypothèse d'une possible intervention. Mon sang ne fit qu'un tour :

"La dernière fois, on m'a virée des urgences avec une clavicule séparée de deux centimètres et aujourd'hui vous voudriez m'opérer en urgence le petit doigt de pied ?!! QUE NENI !".

Malgré ma forte opposition, étant le seul à connaître la localisation de cette fontaine de jouvence et comme il ne se soustrayait point à ma requête, je repris ma lecture, le gosier toujours sec.


Au bout d'une bonne heure, le médecin réapparu - d'on-ne-sait-où ignorant l'origine et le lieu de sa disparition - et me fit part de sa conclusion :

- "C'est cassé mais il n'y a rien à faire mis à part un bandage. Pour l'arrêt de trav...".

- "N'y pensez pas ! Je n'ai pas les moyens de m'octroyer un arrêt de travail."

- "Et pour le sport..."

- "N'y pensez pas plus ! J'ai un Shodan à préparer !"

Les consignes et les papiers en main, j'allai vers la sortie non sans faire un léger détour à l'accueil pour demander la pharmacie de garde. Car fait intéressant que je n'avais précisé jusqu'à maintenant : nous étions un samedi soir, 23h47. Mais pour des raisons évidentes de toxicomanies, il me fallait d'abord me rendre au commissariat (comme pour aller expier mes fautes de conduite antérieures et futures dans l'agglomération de Nantes)  pour obtenir le lieu secret de ce trésor de guérison... Je vous passe les "c'est facile pour aller au commissariat, y clic à droite, y clic à gauche, y clic, y clic et c'est tout droit"...

 

Aparté : je serais à jamais admirative de mon sens infaillible de l'orientation... Je ne me suis perdue à aucun moment, sans carte ni GPS.


J'ai tourné pendant une heure autour de ce fichu commissariat pour trouver une place où larguer sans plus de cérémonie mon destrier à quatre roues, J'ai marché pendant une bonne demi-heure n'ayant trouvé plus près avant de me présenter à la porte du commissariat. J'avais jusque lors été de relative bonne humeur mais cette balade dans Nantes By Night sous la pluie (mes chaussures ayant la facheuse tendance à avoir la même propriété qu'une éponge... notez : encore une référence hérissonnesque pour une certaine marque de cet ustensil), d'un pas lent et transis avait sérieusement entamé ma joie de vivre.

Arrivée à destination, le policier me prit en pitié me voyant clopinant douloureusement ; lui expliquant que pour venir jusqu'à lui, j'avais certainement enfreint une douzaine de règlements du code de la route, il m'indiqua un chemin pas orthodoxe pour aller à bon port en m'assurant que ses collègues ne m'en tiendraient pas rigueur.

Je retournai donc à la voiture, toujours difficilement, la pression de la chaussure sur le membre - aussi petit soit-il - désagréablement présente.

La pharmacie fut moins compliquée à débusquer mais il me fallait encore garer le véhicule, marcher T.T et revenir une fois la transaction effectuée.

 

Après cette péripétie, vous seriez en droit de penser que je suis sagement rentrée dans mon terrier pour consoler mon pied...

Bien sûr que non ! Hérésie !!!

J'ai préféré reprendre la route pour aller à Sucé s/Erdre, dormir dans le véhicule par une température nocturne proche du zéro et monter sur le tatami le dimanche aux aurores pour n'en repartir qu'au crépuscule en faisant un dernier détour du côté de Rezé au sud de Nantes comme c'était initialement prévu...

 

A la seule différence, c'est que le hérisson boiteux, désormais, boite vraiment. \o/


 

 


 

By Kypic.

 

 

 

Le proverbe chinois de la fin :

"On peut guérir les maladies, mais non point le Destin."


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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 16:51

Je me suis récemment penchée sur l'analyse de l'évolution de la fréquentation ainsi que du rank de mon blog.

 

J'ai pu noter que depuis juillet (soit depuis que je ne rédige plus beaucoup d'articles pour diverses raisons toutes plus mauvaises les unes que les autres), la fréquentation a explosé passant de quelques petites centaines à plus de 1500 visites par mois ; ce faisant mon rank a grimpé en flèche passant d'un timide 5 dans les meilleurs jours à dix fois plus à l'heure actuelle. Peut-être devrais-je y voir dans ce fait un lapsus révélant que si je veux être lue, il me faut paradoxalement ne plus rédiger... ? O.o 

La grande majorité des visites se font pour les articles concernant le mode d'emploi de la fracture de clavicule - et d'après les commentaires que je reçois et qui permettent un échange entre les lecteurs eux-même, l'aspect concret de l'expérience et du vécu de chacun permet de se rendre compte que non, nous ne sommes pas seuls à vivre cette douloureuse et pénible mésaventure. ;) J'ai plutôt opté pour une logique bien plus avantageuse sur le pourquoi de cette recrudescence : une probable épidémie de fracture de clavicule, c'est très contagieux.

D'ailleurs, et parce que l'évolution de mon état claviculaire ne changera certainement pas dans l'immédiat, j'ai décidé de me casser un autre os ce week end pour renouveler le sujet. \o/ (le récit de cette drôle de mésaventure se trouve dans l'article suivant Hérisson Doublement Boiteux)

 

J'ai également remarqué qu'en tapant "clavicule cassée" ou "fracture de clavicule" sur les moteurs de recherche, mon blog se trouve être le premier lien sur Google (si ça, ce n'est pas la classe !!! Même si en réalité je boycotte ce moteur en particulier, ne refusons pas bêtement un peu de célébrité qui flatte l'égo) et dans les cinq premiers pour la plupart des autres... bien avant tous les sites médicaux bourrés de vocabulaire spécifique laissant le néophyte dans le flou anatomique.

Le tout sans avoir eu recours à quelques intimidations, pots-de-vin ou "donation corporelle" que ce soit aux moteurs de recherche sus-cités.

 

 

Cependant je n'oublie ni ne dénigre l'origine de cette soudaine renommée : sans vous, lecteurs, ce petit blog sans grande prétention ni ambition excepté celle de partager n'en serait pas là aujourd'hui et c'est pourquoi je vous donne toute ma considération, ma gratitude et ma reconnaissance pour celles que vous apportez aux aventures d'un erinaceus en espérant vous voir plus nombreux encore.

 

 


Dômo arigatô

 

zarei

 

 

 

By Kypic.

 

 

 

La phrase de la fin par Georges Wolinski :

"La notoriété, c'est lorsqu'on remarque votre présence ; la célébrité, c'est lorsqu'on remarque votre absence."

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 06:34

Qui avait bêtement perdu les clefs de son terrier virtuel...

 

Vous avez le droit de me huer... car non seulement je savais qu'un jour cette mésaventure finirait par arriver mais en plus je n'ai rien fait pour l'éviter par pure paresse.

Serait-ce une invitation à réfléchir sur mon côté procrastinateur ? Ce ne serait pas improbable...

 

Bref ! Après deux mois de vadrouille (qui feront l'objet d'un récit digne d'un roman d'aventure) et deux mois de "comment réussir à se connecter quand même mon identifiant refuse de se faire connaître ?"  (Qu'on oublie le mot magique, passe encore ; quand son identifiant est marqué invalide, comme on dirait familièrement : "là, ça craint !"), j'ai enfin réussi à réinvestir ma demeure sur la toile et vous informe par la même occasion que j'ai connaissance de vous remarques et de vos commentaires.

 

Je vous répondrais plus tard (j'ai encore un long chemin de rédemption à parcourir sur les terres de la procrastination), je suis actuellement en plein marathon d'Aïkido pour faire honneur au guerrier que je suis.

Mais promis, je ne vous oublie pas, et vous savez à quel point je tiens mes promesses. ;)

 

 

Mata ne !

 

 

By Kypic

 

 

 

 

La phrase de la fin par  Jacques Chardonne :

"La paresse est nécessaire. Il faut la mêler à sa vie pour prendre conscience de la vie." (au moins de ses erreurs, aurais-je envie de rajouter...)


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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 15:20

Cette fois-ci, je ne vous conterai pas l'extravagance des gargantuas mais (l'absence de) celle des Holoferne modernes.

 

Ce midi, mes ordonneurs m'envoyèrent dans une école du centre de ma contrée. Ecole que je ne connaissais pas plus que les enfants qui la peuplaient, soit pas du tout.


Alors que je m'étais familiarisée l'année durant aux institutions voisines de mon terrier ainsi qu'aux joyeux bambins de mon quartier, j'avais tout intérêt à une adaptation rapide aux us et coutumes de cette dernière... Seulement, la personne expérimentée que j'accompagnais ne me semblait pas être d'une efficacité pertinente avec les morveux. Déjà à la sortie de table, proposant un jeu pour que les adorables poupons se dirigent docilement vers les dortoirs, elle me coupa sèchement m'affirmant que le temps nous manquait... dut-elle se méprendre sur la nature et l'objectif du jeu en ne voulant pas déroger à son procédé habituel pourtant aussi long, sinon plus, et certainement moins efficient que le divertissement offert.

Aussi, quand l'heure du coucher fut venue et qu'il fallut les emmener d'abord aux latrines (je partage avec vous la découverte d'un mot amusant bien que désuet pour indiquer ce qu'on appelle plus contemporainement et vulgairement des chiottes) pour soulager les rejetons avant qu'ils ne le fissent dans leurs couchettes, la dame de cantine décida de prendre la première moitié ; maugréant les uns, hurlant sur les autres pour obtenir silence et obéissance. Ne pouvant élaborer quelque art pour inciter les enfants au calme en sa très bruyante présence (il est difficile de demander à des petits de ne pas faire ce que l'adulte responsable fait), j'attendis d'être enfin seule avec mon troupeau pour instaurer mon savoir-faire. J'utilisai mon inspiration, mon talent peu reconnu d'actrice (sûrement à juste titre) et celui plus reconnu de conteuse pour retenir leur attention : un loup perdu qui était très très fatigué s'était caché quelque part afin de se reposer ! Et si nous l'avions réveillé, il aurait été en colère et il nous aurait grondé très fort ! Alors pour ne pas déranger le loup, il fallait commencer par ne pas faire crier la dame de cantine (dont les aboiements s'entendaient par delà la porte des toilettes) et donc, il ne fallait pas faire de bruit... Chuuuuuuuut. 

Je cherchais dans tous les recoins, à pas de loup (:p), afin de dénicher la cachette du canidé imaginaire. Les enfants, amusés et intrigués, étaient suspendus à mes mimes, sages comme des images, muets et immobiles comme des statues.

Au moment où je revenais dans un corridor des plus silencieux, bredouille de mes recherches car la chimère devait m'aider jusqu'au coucher, ma mauvaise collaboratrice évacua les toilettes avec autant de vacarme que quand elle était rentrée, brisant le calme et la quiétude qui s'étaient installés dans le couloir pendant son absence. Ce qui m'interpella, mais m'amusa encore plus, fut sa déclaration au sortir aussi futile que contradictoire : "IL FAUT ÊTRE PLUS FERME, LA ! TU n'obtiendras JAMAIS rien d'eux !"... O.o j'avais pourtant l'impression du contraire.

Sûrement souhaitait-elle que je fisse à sa manière. La preuve d'efficacité ne paraîssait pas être dans le silence obtenu mais bel et bien dans le fait de s'égossiller sur les pauvres mioches afin de l'obtenir - pour peu qu'ils eussent déjà été sages, cela servait sûrement pour dissuader de faire la probable prochaine bétise...  

 

Pourtant, le passage aux WC et la promenade jusqu'au dortoir furent dans le même esprit farfelu et toujours aussi agréables autant pour l'hérisson que je suis et les marmots que j'emmenais que pour les autres occupants de l'établissement.

Heureusement, ma consoeur ne nous avait pas suivi jusqu'à la chambrée ; hélas, sa remplaçante n'était guère plus complice et brisa une fois de plus mon autorité de fer dans une voix de velour, n'usant pas de son imagination pour endormir les bambins ; pas d'histoires, pas de fables : "Non, le loup n'existe pas !"

Même si l'un des gamins a peur du loup, il faut savoir fabuler comme un enfant sait le faire : Dormez tranquilles. Moi, je suis un hérisson, et les loups ont peur des hérissons. Normal, les hérissons piquent les loups ! Alors comme je suis là et que je veille sur vous, même si le loup se réveillait et qu'il venait jusqu'ici,  je le mettrais en déroute et il s'enfuirait ! Mais pour que la magie opère auprès des chérubins, il faut y croire soi-même.

Rien de plus que le lit en plastique dur et l'ennui mortel. Je me demande quel genre de rêves les morveux ont pu bien faire en pareilles circonstances...

 

 

 

 

By Kypic.

 

 

 

La phrase de la fin par Richard Bach :

"Si tu apprends ce qu'est ce monde, comment il fonctionne, automatiquement tu commenceras à obtenir des miracles - ce qu'on appellera des miracles. Mais bien sûr, rien n'est miraculeux. Si l'on apprend ce que sait le magicien, il n'y a plus de magie."

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